Enquête réclamée après le drame de Ngagara

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Un manifestant arrêté par la police lors d’une manifestation de l’opposition à Bujumbura, le 17 avril 2015. REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Au Burundi, après le drame dans le quartier de Ngagara, à Bujumbura, la capitale, c’est l’indignation et l’émotion au sein de la communauté internationale. Le mardi 13 octobre, trois policiers ont été enlevés. Deux d’entre eux ont été tués par grenades. Par ailleurs, dans les opérations de poursuites, neuf civils ont trouvé la mort. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé les autorités burundaises à une enquête rapide et rigoureuse sur ces crimes méprisables. D’autres voix de condamnation se sont également élevées.

L’émotion vient aussi de l’identité des victimes. Christophe Nkezabahizi était l’un des caméramans les plus expérimentés de la RTNB, la télévision nationale burundaise. Sa femme, Alice Niyonzima, travaillait quant à elle pour FHI360, une ONG financée par l’agence de coopération américaine, l’USAID.

« Il a servi bravement le peuple burundais ; elle a aidé à apporter une assistance aux Burundais les plus vulnérables », a écrit l’ambassade des Etats-Unis à Bujumbura. L’ambassade américaine se dit aussi choquée par « ces meurtres de sang froid ». Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, parlait déjà de victimes apparemment tuées à bout pourtant.

L’Organisation mondiale des migrations (OIM) réclame également une enquête car, parmi les victimes, figure l’un de ses employés, Evariste Mbonihankuye, qui, souligne l’OIM, portait son badge des Nations unies quand il a été tué. « Rien ne justifie ce niveau de violence contre des civils », dit le patron de l’OIM, l’ambassadeur Swing.

Pour la police burundaise, ces victimes civiles ont été des dommages collatéraux lors des échanges de tirs entre policiers et assaillants. Elle ne fait aucune mention de tirs à bout portant ou de meurtres de sang froid.

Le CNDD-FDD, parti au pouvoir, parle, lui, de civils qui auraient servi de boucliers humains à ceux qui ont kidnappé et tué des policiers. Il dit encore déplorer ces morts et dénonce le fait que les médias internationaux aient relayé les témoignages d’habitants du quartier. Ces derniers accusaient la police, en charge de la protection des institutions, d’avoir mené une expédition punitive contre des civils à Ngagara.

le 17-10-2015 à 12:38, http://www.rfi.fr/afrique

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2 réflexions sur “Enquête réclamée après le drame de Ngagara

  1. Cette nuit c’est le drame à Musaga. beaucoup de personnes sont groupées au Lycée Municipal de Musaga cette nuit et seront exécutées comme l’a été Charlotte. SVP, ONU, UA, arrêtez vos declarations et rendez-vous sur terrain pour voir comment les gens sont systématiquement exécutées. être que vous pourrez bouger vos culs!

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  2. « Dommages collatéraux? » Cette une expression est à la mode au Burundi. Ces gens étaient des cibles privilégiées et pas des dommages collatéraux. L’ONU, quant à elle, est vraiment « un gros machin inutile » comme le disait le Général De Gaulle. Au lieu d’envoyer des enquêteurs neutres, elle demande des enquêtes, de la part de qui? Surtout que la sonnette d’alarme avait été donnée par différents acteurs. Le ridicule ne tue pas. Celui qui a rédigé « R2P » ou « Responsibility To Protect » a gaspillé son temps.

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