Le génocide ethnique en cours au Burundi (analyse du Général NYAMBARIZA Didier)

LE GÉNOCIDE ETHNIQUE EN COURS AU BURUNDI
Face au manque de volonté politique de la Communauté internationale

A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis,
mais du silence de nos amis ”

IMG-20151020-WA0011INTRODUCTION

Entre avril et juillet 1994, selon diverses sources, entre 800 000 – 1000 000 hommes, femmes et enfants, principalement Tutsi, ont été massacrés au Rwanda. Ces massacres ont été qualifiés de génocide en novembre 1994, dans la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui institue le Tribunal pénal international pour le Rwanda, puis en 1999, par la commission mandatée par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.

Les causes de ce génocide furent multiples: outre l’accumulation de haines entre les classes Hutue et Tutsie au fil des années et l’enchaînement des événements déclencheurs, d’autres causes ou responsabilités, intérieures ou extérieures, ont été évoquées par les différentes commissions d’enquêtes. De nombreuses tentatives de compréhensions de la “mécanique génocidaire” sur les territoires  du Ruanda-Urundi ont été faites. Le plus souvent elles s’inspirent d’une perception endogène de cet événement: la cause du génocide résiderait uniquement dans certain nombre de facteurs inventoriés, dont les principaux seraient une “haine ethnique” et l’ “élément déclencheur”. D’autres analyses ont aussi relevé des éléments extérieurs qui auraient favorisé le projet génocidaire, notamment les fausses perceptions de l’histoire, le soutien de certains pays africains ou européens aux pouvoirs mono-ethniques, la non-application des accords d’Arusha, l’attitude des Églises et les rôles de la Communauté internationale.

Il est quasi-impossible de séparer le Burundi du Rwanda quand il s’agit de l’origine des conflits politico-ethniques et les causes du génocide. Ce qui se passe actuellement au Burundi est la répétition des mêmes erreurs historiques commises dans ces anciens territoires du Ruanda-Urundi. En effet, bien que les causes du génocide sont déterminantes pour le génocide, la “volonté politique” de la communauté internationale pour prévenir ou stopper le génocide en constitue un facteur important.

LE SENS DE L’ETHNISME AU RUANDA-URUNDI

Il est important de s’accorder sur l’usage erroné du terme de l’“ethnie” pour le cas du Ruanda-Urundi. Selon les recherches scientifiques de l’historien Jean-Pierre Chrétien et de l’anthropologue André Guichaoua, avant la colonisation, Tutsi, Hutu et Twa n’étaient pas des ethnies au sens propre du terme, mais plutôt des catégories sociales liées à l’activité exercée: les Tutsi sont les propriétaires de troupeaux, les Hutu sont les agriculteurs et les Twa sont les artisans et ouvriers.

Avant la colonisation, toutes les populations du Ruanda-Urundi parlent la même langue (ce qui est peu fréquent dans les pays d’Afrique), ont la même foi traditionnelle en un dieu unique, Imana, la même culture et vivent ensemble sur les collines. Ils se marient parfois entre eux et continueront à le faire par la suite, malgré les pressions politiques existant depuis les indépendances. L’ethnisme  rwando-burundaise ne répond donc pas à des caractéristiques ethnologiques fondées. Ne relevant ni des ethnies, ni des classes sociales, la distinction entre Hutus et Tutsis correspond à des groupes structurés à partir de leur activité. Elle évoque celle des “ordres” dans l’Europe d’avant 1789, ce qui n’exclut pas l’éventualité que des groupes d’origines diverses aient immigré au Rwanda et au Burundi dans un passé lointain, sans qu’ils recouvrent nécessairement la distinction Hutu-Tutsi, avant de s’assimiler les uns aux autres par le biais du mariage. Avant la colonisation, un Hutu qui possédait plusieurs têtes de bétail pouvait, de ce fait, devenir Tutsi. Réciproquement, un Tutsi pouvait devenir Hutu.

Au Burundi comme au Rwanda, il y avait traditionnellement d’autres références sociales : les clans, qui regroupaient toutes les catégories socio-professionnelles et faisaient aussi ressortir des clivages régionaux. L’ethnisme au Ruanda-Urundi apparait donc comme une “évidence idéologique” de “racialiser” la perception de la société et de la diviser d’une manière qui servit ensuite de levier pour justifier les massacres.

Actuellement où les faits de l’ethnisation des peuples du Ruanda-Urundi sont accomplis, il est obligatoires d’utiliser le terme ethnique dans les débats actuels, tout en sachant que la finalité de l’histoire du Rwanda et du Burundi devra aboutir à l’abolition de l’ethnisation du peuple au profit d’un peuple unique, les Abarundi et les Abanyanyarwanda.

LE GENOCIDE

La Convention sur le génocide

La Convention sur le génocide a été l’une des premières conventions des Nations Unies à traiter de problèmes humanitaires. Elle a été adoptée en 1948, en réponse aux atrocités commises pendant la Seconde Guerre mondiale, et faisait suite à la résolution 180(II) de l’Assemblée générale, du 21 décembre 1947, dans laquelle les Nations Unies reconnaissaient que « le crime de génocide est un crime international qui comporte des responsabilités d’ordre national et international pour les individus et pour les États ». Depuis, cette Convention a été largement acceptée par la communauté internationale et ratifiée par la grande majorité des États.Il importe de souligner que la Convention fournit une définition précise du crime de génocide, notamment en ce qui concerne l’intention requise et les actes prohibés (article II). Elle spécifie également que ce crime peut être commis en temps de paix ou en temps de guerre.

Définition du génocide

Un génocide est un crime extrême qui consiste en l’élimination physique intentionnelle, totale ou partielle, d’un groupe national, ethnique ou religieux, en tant que tel, ce qui veut dire que ses membres sont détruits (voire seulement rendus incapables de procréer) pour la raison de leur appartenance au groupe. Le génocide peut être perpétré par divers moyens, dont le meurtre collectif, direct ou indirect. Certains juristes et historiens précisent la définition, estimant notamment que le génocide est systématique et programmé.

Le génocide arménien, la Shoah (génocide des juifs) et le génocide des Tutsis, trois génocides reconnus par l’essentiel des juristes et des historiens, sont en effet des exterminations planifiées par un État, indifférentes à l’âge ou au sexe des victimes.

Dans l’esprit des génocidaires racistes, l’extermination est fondée sur l’idée de différenciation entre leur propre population qu’ils considèrent comme “supérieure” et/ou “ayant droit”, et les autres qu’ils considèrent comme “inférieures” et/ou “indésirables”, et que l’on appartient “par naissance” à telle ou telle population.

Le mot “génocide” se fait jour en français en même temps qu’il apparaît en anglais. D’abord employé à propos des nazis et de leur “Solution finale” du “problème juif”, il se dit de la destruction méthodique ou de la tentative de destruction d’un groupe ethnique, et par extension, de l’extermination d’un groupe en peu de temps.

Vue historique du génocide

Dans l’étude de massacres de masse historiques, le génocide est un paradigme du XXè siècle, mais il peut être utilisé rétrospectivement et précautionneusement (avec des critères précisément définis) pour apporter une analyse nouvelle des cas historiques.

Des massacres de peuples entiers non seulement ont déjà eu lieu dans le passé, mais étaient choses courantes lors des guerres inter/intra-royaumes ou simplement des razzias. La plupart du temps, lorsqu’un peuple nomade se heurtait à un empire sédentaire, la défaite se traduisait par une disparition de ce peuple (massacre et réduction en esclavage des survivants). Toutefois, leur qualification en  “génocides” nécessite au moins la preuve de l’intentionnalité. Et il est bien clair que cette qualification reste linguistique et non juridique, puisque plusieurs massacres ou/et déportations survenus au cours de l’histoire sont actuellement appelés par les historiens ou les journalistes génocides et/ou crimes contre l’humanité, alors que ce caractère ne leur est pas reconnu juridiquement, et puisque les notions juridiques de génocide et de crimes contre l’humanité se sont fait jour au début du XXè siècle.

La prévention et la répression du génocide

L’article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide adoptée par l’assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre 1948, affirme que :

“Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

  1. a) Meurtre de membres du groupe ;
  2. b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
  3. c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
  4. d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
  5. e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.”

Cette définition a été reprise dans l’article 6 du Statut de Rome le 17 juillet 1998, l’acte fondateur de la Cour pénale internationale. Elle précise qu’il s’agit d’un crime se distinguant par:

-l’intention d’extermination totale ou partielle d’une population ;

la mise en œuvre systématique de cette volonté.

Une précédente définition du génocide, adoptée lors de la première assemblée générale de l’ONU le 11 décembre 1946, intégrait la destruction d’un groupe politique, à côté des groupes raciaux, religieux et autres. En 1948, le groupe politique disparait de la définition onusienne : selon Bernard Bruneteau, professeur d’histoire contemporaine, c’est l’URSS, représentée par le procureur Vychinsky qui a fait retirer la référence au politique en raison de ce que l’URSS pouvait se reprocher.

CAS DU BURUNDI

Un groupe national de Burundais fait actuellement l’objet de génocide depuis Avril 2015. Le camp Nkurunziza a déjà entamé “la solution finale” pour régler définitivement ce que les leaders hutus du CNDD-FDD appellent “la question Tutsi”. Des laboratoires ont été conçus au niveau national qu’international, pour exécuter ce crime contre l’humanité au Burundi dans une confusion préconçue, de manière à ne pas alerter la communauté internationale.

Les massacres à caractère ethnique ont déjà été perpétrés au Burundi à savoir les massacres d’octobre 1965 à Muramvya, les massacres d’avril 1972 dans tous le pays, les massacres d’août 1988 à Ntega et Marangara, les massacres d’octobre 1993 dans tous les pays, etc.

Bref, tout comme le Rwanda voisin où des massacres inter-ethniques ont aussi précédé le génocide d’avril 1994, la stratégie anti-démocratique du pouvoir de Nkurunziza est d’autant plus inquiétante qu’elle ressemble étrangement à celle qui a prévalu au Rwanda à la veille du Génocide de 1994, à l’exception des tactiques de mise en application du génocide en cours compte tenu des formes différentes. De toutes évidences, les crimes actuels commis par le Service National des Renseignements du Burundi (SNR) se distinguent par l’intention d’extermination partielle de la population burundaise et par la mise en œuvre systématique de cette volonté.

La stratégie du régime dictatorial de Pierre Nkurunziza

La stratégie est l’élaboration d’un plan d’action pour accomplir des objectifs. Elle est plus ou moins équivalent à la détermination de l’objectif principal subdivisé en objectifs spécifiques:

  1. Création d’un pouvoir Hutu au Burundi pour contrôler exclusivement tous les secteurs du gouvernement (Parlement, Forces de l’ordre, Justice, Economie, etc.);
  2. Régionalisation du conflit ethnique pour élargir le pouvoir hutu vers les pays voisin;
  3. Etablissement de la SOLUTION FINALE pour la question tutsie en général.

Il faut noter que les Accords d’Arusha sont résultats d’une étude scientifique de tous les problèmes du Burundi (inclu la question ethnique) et aboutissent aux solutions qui permettent LA PAIX (au Burundi) et la RECONCILIATION (des Barundais).

Donc, les Accords d’Arusha, qui constituent le “Mode d’emploi” final de la paix et réconciliation du Burundi, s’alignent contre toute suprématie ethnique tout en bannissant le génocide avec le slogan “PLUS JAMAIS CA!”

Les tactiques du régime dictatorial de Pierre Nkurunziza

Les tactiques sont l’ensemble d’intentions et démarches/actions utilisées pour atteindre les objectifs et en l’occurrence, remporter la victoire contre la partie opposés:

  1. Le refus des Accords d’Arusha:

Tout comme au Rwanda voisin, à la veille du génocide contre les Tutsis en 1994, les Accords d’Arusha deviennent un obstacle commun des gouvernements de HAVYARIMANA et NKURUNZIZA, pour mettre en exécution “une solution finale” pour la question tutsie. Cependant au Burundi, la forme diffère de celui du Rwanda de 1994 alors que les fonds du racisme ethnique sont identiques! En effet, le gouvernement HAVYARIMANA est quasi monoéthnique hutu tandis que le gouvernement NKURUNZIZA est supposé être inclusif.

D’où la différence en tactiques d’exécution du génocide, la forme politique du Rwanda de 1994 permettant un génocide direct et compréhensive  tandis que la forme politique du Burundi de 2015 ne permettant qu’un génocide indirect et camouflé.

  1. La création d’une milice monoéthnique hutue:

Une milice affiliée au CNDD-FDD, les IMBONERAKURE, est entraînée en RDC et déployée sur tout le territoire national, exactement à l’instar de la milice INTERAHAMWE affiliée au Parti MRND de HABYARIMANA Juvénal. La milice des IMBONERAKURE est alors renforcée par les INTERAHAMWE et impose la puissance à l’armée régulière et à la police nationale.

Ce phénomène d’une milice au dessus des lois a été observé au Rwanda en 1994, à la veille et pendant le génocide. Les miliciens INTERAHAMWE du parti MRND de HAVYARIMANA Juvénal, tout comme les miliciens IMBONERAKURE du parti CNDD-FDD de NKURUNZIZA étaient en effet à cette époque, devenus les véritables détenteurs de la force génocidaire du pays.

  1. L’établissement d’une seule Radio-Télévision RTNB pro-CNDD FDD:

A la ressemblance de la Radio “de la haine” RTLM Kigali, la RTNB, unique média émettant actuellement au Burundi après la destruction de tous les médias privés par les milices IMBONERAKURE, diffuse des propagandes pro-Nkurunziza pour manipuler la population burundaise vers une conscience ethnique, telle que l’usage fréquent du terme de la MAJORITE SILENCIEUSE pour ne pas dire MAJORITE ETHNIQUE, etc.

  1. La planification et la mise en œuvre systématique d’assassinats ciblés par le Service National des Renseignements (SNR) subdivisées en trois tactiques au minimum:

Le SNR, responsable de la création de la milice IMBONERAKURE, planifie, finance et met en œuvre les assassinats ciblés d’une partie de la population burundaise, par l’usage de la milice monoéthnique hutue renforcée par les INTERAHAMWE (Milice Hutue Rwandaise) venu de la RDC et soutenue par des éléments des Forces de l’ordre (policiers et militaires) pro-CNDD/FDD:

-La première tactique consiste à déployer des IMBONERAKURE et INTERAHAMWE en habits civils mais armés dans les quartiers et/ou collines ciblés dans toutes provinces du pays, pour simuler des fausses attaques afin de permettre aux Forces de l’ordre pro-CNDD/FDD d’intervenir militairement. C’est ainsi que chaque nuit, des crépitements d’armes s’entendent dans les quartiers et/ou collines à majorité tutsie, et que le lendemain on retrouve des morts dans les rues, pour la plupart forcés de sortir de leurs maisons et de s’agenouiller avant d’être assassinés par balles tirées à bout portant (le plus souvent) sur les têtes ou  par usage des baillonnètes (couteaux) ;

-La deuxième tactique consiste à jeter pendant la nuit des cadavres hutus inclus ceux des policiers hutus ex-FAB/FNL en activité (assassinés d’avance) dans des quartiers et/ou collines à majorité tutsie dans le but de conscientiser la population hutue contre les Tutsis. Noter que ces événements sont journalièrement diffusés par la RTNB par les portes-parole  “Hutus” des Forces de l’ordre, car les portes-parole “Tutsis” ayant refusé de diffuser le mensonge ou en exil!

-La troisième tactique consiste à kidnapper des membres de la société civile burundaise (hutus et tutsis), et à les torturer avant de les assassiner et de les jeter (mains et pieds liés avec cordes à nœuds identiques) dans les quartiers périphériques de la capitale ou à proximité des rivières rurales.

Ces tactiques, entre autres, visent indirectement la population tutsie. N’étant pas majoritaire à l’armée comme au Rwanda de 1994 et face à une époque où le génocide est plus que banni, les planificateurs hutus du SNR ont décidé d’opter une tactique plus maligne, celle de sacrifier une partie de la population hutue pour permettre le massacre de la population minoritaire tutsie sans s’exposer au risque d’être sanctionné par la Communauté internationale. C’est ainsi qu’actuellement, dans chaque carnage (devenu) journalier, à chaque 10 tutsis assassinés, il y a au moins 1 à 2 cadavres hutus. Le calcul du SNR est simple:

Si la population burundaise avoisine les 10 000 000 d’habitants et que les 75% revendiqués par les Hutus équivalent à 7 500 000 Hutus (H) contre 2 500 000 Tutsis (T), alors en massacrant journalièrement une proportion de 1H/10T, il y aura mensuellement une proportion de 30H/300T. Cette proportion négligée aujourd’hui par la Communauté internationale, constitue bel et bien le début d’un génocide camouflé en simple tueries, et en cache une tactique plus dévastatrice, celle qui sera l’élément déclencheur du génocide proprement dit, vu l’INTENTION déjà existance et sa MISE EN EXECUTION SYSYEMATIQUE dans un court délais!

  1. L’Assassinat du Président NKURUNZIZA par le SNR (Elément déclencheur):

Le Service National des Renseignement qui élaborent ces projets macabres contre les Tutsi disposent d’un plan éprouvé depuis le génocide de 1993 au Burundi et le génocide de 1994 au Rwanda, qui paraît en cours de réédition en 2015 au Burundi. Il s’agit vraisemblablement d’éliminer physiquement un Président hutu dans le but d’accuser les Tutsi pour déclencher le génocide proprement dit. Si le réel chef du pays, l’ex-vrai patron du SNR le Lt-Gén. Adolphe Nshimirimana peut-être sacrifié par le pouvoir en place dans des conditions non encore élucidées, qu’en est-t-il d’un pseudo-président du non de Pierre NKURUNZIZA, qui tente tardivement de s’affirmer alors que la puissance du CNDD-FDD est contrôler par les Généraux issus du CNDD-FDD qui obéissent eux-mêmes aux instincts de la suprématie ethnique dans un système surnommé PIERRE NKURUNZIZA! Il est prévisible que, Pierre NKURUNZIZA face à la pression du respect des Accords d’Arusha, sera sacrifié par les siens pour ne pas céder au partage du pouvoir.

C’est ainsi que le peuple Hutu, à majorité non éduquée, sera manipulée et/ou forcée par la milice  à massacrer leurs concitoyens tutsis comme ce fût le cas du Rwanda de 1994.

RESPONSABILITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Encore une fois, l’ONU fait face à une situation similaire du Rwanda de 1994:

  1. Les tueries organisées par le pouvoir du SNR sont exécutées par une milice monoéthnique hutue des IMBONERAKURE mixés des INTERAHAMWE rwandais, pendant que la CAE, l’UA et l’ONU affichent un manque d’intérêts et l’absence de volonté politique à déployer des forces d’intervention à temps.

Comme le signale un rapport d’experts, aujourd’hui, « les États ont tendance à agir en fonction de leurs intérêts propres, plutôt qu’en fonction morale de faire respecter des normes de justice internationale qui est la leur”. Ceci explique l’inertie du Conseil de sécurité devant le drame actuel burundais. En effet, ce Conseil étant à la merci des cinq puissances membres permanents, aucune d’entre elles n’affiche réellement d’intérêts à défendre le Burundi pour mobiliser la volonté des autres en vue d’une intervention militaire à l’exemple de l’Irak ou de la Lybie!

Le Conseil de sécurité, par manque d’intérêts, a pris la responsabilité de laisser s’accomplir un génocide en refusant de le nommer comme tel, alors que chacun, à titre individuel, est convaincu de la réalité des crimes journaliers, et que les USA et même le secrétaire général des Nations Unies ont haussé le ton contre le régime dictatorial de NKURUNZIZA.

  1. La question de l’impunité des massacres précédents (2010-2015), du manque d’un Tribunal Pénal International pour le Burundi (TPIB) et des tueries actuelles observées depuis 2015 jusqu’au déclenchement des actes génocide en cours, a été signalée dans des rapports (publiés depuis 2010 jusqu’en 2015) de spécialistes des droits de la personne, tels que les experts de l’organisation Human Rights Watch en matière d’exécutions extrajudiciaires mais aucune condamnation internationale ne s’en est suivi. Seuls quelques deux ou trois pays dont la Belgique ont suspendu temporairement les aides de la coopération bilatérale avec l’Etat du Burundi, à l’exception de l’aide d’urgence, pour marquer leur désapprobation vis-à-vis de l’attitude des dirigeants de ce pays, en raison des conclusions desdits rapports.

Les massacres d’une partie de la population burundaise entre 2010-2015, se font donc dans le  silence de l’ONU et de ses États membres en particulier, comme si cela n’était que normal. Ce silence complice de l’ONU est aussi un signe d’encouragement aux forces destructrices du SNR qui amplifier la chasse à l’homme et planifier le génocide en croyant qu’il n’y aura pas, comme d’habitude, de poursuites contre les responsables de ces actes.

  1. La sourde oreille faite aux appels de la société civile burundaise et des militants des droits de la personnel humaine tel que l’avocat belge Bernard Maingain qui démande à démontrer la distribution des armes à la milice IMBONERAKURE en vue du désarmement; à l’image du Général Dallaire, qui avait demandé en vain au Secrétariat de l’ONU d’adapter le mandat de la MINUAR aux circonstances du moment, en insistant surtout sur l’action de désarmer les miliciens et rechercher des caches d’armes illégales. Noter que jusqu’aujourd’hui, Maître Bernard Maindain n’a pas encore obtenu la protection “des témoins” en danger de mort, preuve du désintéressement du cas burundais par la Communauté internationale!
  2. Le problème des réfugiés

Tout comme la « Révolution sociale de 1959 » du Rwanda, le gouvernement dictatorial de NKURUNZIZA a jeté des centaines de milliers de Tutsi et Hutus modérés sur les routes de l’exil, essentiellement vers les pays limitrophes, des Tutsis étant kidnappés en cours de route et tués, tandis que ceux restés au pays deviennent sont aussi régulièrement massacrés dans l’impunité totale. Les exilés ne pourront rentrer pour trois raisons essentielles.

D’abord la situation sécuritaire se dégrade de jour en jour, ensuite les conditions dans lesquelles vivent les membres de leurs familles restés au pays n’encouragent pas des retours individuels. Enfin, certains exilés ont rejoint le maquis pour l’auto-défense. Cette situation est bien connue au niveau de l’ONU via le HCR, mais celle-ci ne s’en préoccupe guère car aucune pression réelle n’a été mise sur les gouvernements burundais successifs de 2010 et de 2015 pour faire accepter le dialogue inclusif de tous les acteurs politico-militaires en exil. Il semble même que la question de ces combattants éparpillés dans les forêts du Congo voisin et à l’intérieur du pays soit restée mineure, par rapport à celle d’autres mouvements armés qui revendiquent les mêmes droits aux mêmes endroits.

LES LECONS A EN TIRER

La présente analyse serait incomplète si elle ne tirait aucune leçon du drame des Tutsi du Rwanda. Quoique beaucoup d’enquêtes et études aient été menées et un certain nombre de recommandations formulées à cet égard, il convient de rappeler celles-ci, en y ajoutant bien entendu des suggestions pour renforcer les précédentes études.

La plupart des enquêtes et études menées en vue de l’amélioration du système des opérations de paix sont tombées dans la même erreur de faire un amalgame entre le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Il est vrai que le génocide est un crime contre l’humanité, mais il est d’un caractère spécial. Si les génocides déjà constatés ont été jusqu’ici commis sur fond d’une guerre interne (conflits intraétatiques) ou internationale (conflits interétatiques) , il faut garder à l’esprit qu’ils sont susceptibles d’être commis même en temps de paix, comme le stipule la Convention du génocide. Ainsi, vu que selon le pouvoir en place il n’y a pas encore une guerre visible au Burundi ou qu’il y aurait même la paix sur 99,9% du territoire, cela n’empêche pas qu’il y ait des actes de génocide qui sont en cours sur tout le territoire du pays apparemment invisibles vu qu’il n’a pas EU de déploiement suffisant des “casques blancs”.

En outre, une autre confusion provient du fait que l’on oublie souvent qu’en matière de génocide, même si on le qualifie de conflit interne politique (intraétatique) ce n’est pas exactement de cela qu’il s’agit, mais bien d’un crime d’État. En effet, un conflit suppose deux parties en opposition, ce qui n’est pas le cas pour le génocide en cours au Burundi. Oui, il y a bel et bien deux parties dans un génocide, mais ces parties au Burundi ne sont pas comme tel en conflit. L’une des parties, le gouvernement dictatorial de Nkurunziza, est entrain de commettre les crimes de génocide, alors que l’autre partie, une partie de la population qui n’appartient pas nécessairement aux partis politiques mais à la société civile , ne fait que subir.

Dès lors, quand bien même les moyens de prévention du génocide et des crimes contre l’humanité seraient en grande ligne les mêmes mesures utilisées pour mettre fin à des conflits intraétatiques, (ces moyens) ne sont pas nécessairement efficaces contre un génocide qui vise un groupe cible non-conflictuel (société civile à majorité tutsie) autre que la partie conflictuelle (société politique à majorité hutue). Les moyens de prévenir un génocide, consistent donc à renforcer la Convention sur le génocide (Section I)

L’intérêt de cette partie de l’analyse porte essentiellement sur les mécanismes de prévention du génocide, pour la simple raison qu’il n’y aurait pas lieu, ni de devoir mettre fin à un génocide, ni d’être dans l’obligation de le réprimer, si les moyens de prévention étaient mis en oeuvre et les mesures respectées.

Dans ce cadre, la Convention du 9 décembre 1948 devrait être revu pour combler les lacunes et faiblesses y constatées. Ceci se ferait notamment en levant toutes les équivoques contenues dans le texte de la Convention, en mettant en application certaines dispositions de la Convention restées sans suite, et en y insérant un mécanisme de prévention:

  1. Lever les ambiguïtés contenues dans la Convention

Les articles premier et huit de la Convention sur le génocide devraient être clarifiés, de façon à reconnaître qui des parties à la Convention et l’ONU, a l’obligation première de prévenir, arrêter et réprimer un génocide. Cette obligation devrait bien entendu revenir en premier lieu à cette organisation interétatique, plutôt qu’à un seul État. Il est clair que les États – parties et non parties auraient également l’obligation de coopérer avec l’ONU dans la lutte contre ce crime sans nom.

L’organe de l’ONU chargé de prévenir, arrêter et réprimer le génocide devrait également être nommément désigné, afin de mieux le responsabiliser. Sans aller jusqu’à être pénale, cette responsabilité devrait être établie de façon à pouvoir sanctionner des négligences individuelles, sans pour autant que l’ONU en soit déchargé. En effet, l’imputabilité des agents de l’État ou de ses organes en cas d’action et/ou omission funeste, n’exonère pas celui-ci de sa propre responsabilité.

  1. Mettre en application les impératifs de la Convention

Les articles cinq et six de la Convention accordent respectivement une compétence aux juridictions nationales et à la Cour pénale internationale pour juger les responsables du génocide.

Contrairement à ce que note un auteur qui dit qu’il « n’est pas sûr que ce soit judicieux que les tribunaux étatiques disposent de la compétence universelle en matière de crime contre l’humanité, nous pensons que d’autres États devraient emboîter le pas aux quelques pays qui ont déjà souscrit à cette disposition de la compétence universelle, pour que le monde se resserre autour des génocidaires.

Sur le plan international, il faudrait que les États signataires du traité de Rome du 17 juillet 1998, qui n’ont pas encore ratifié ledit traité, le fassent dans les plus brefs délais, pour que la Cour criminelle internationale que crée ce traité soit une réalité.

En effet, même si les difficultés survenues dans la négociation de ce code pénal international ont permis quelques faiblesses destinées à séduire certaines puissances encore réticentes, il n’en demeure pas moins qu’un pas important a été franchi dans la prévention du génocide par la dissuasion.

  1. Créer un organe de prévention au sein de la Convention sur le génocide

La convention sur le génocide a une lacune importante en matière de prévention. Afin de ne plus se trouver en retard par rapport à un génocide, il faudrait créer un Comité contre le génocide. Composé d’experts indépendants de haute moralité et compétents en la matière, ce Comité serait habilité à faire des enquêtes dans tous les pays du monde, spécialement dans des zones où des signes précurseurs seraient signalés. Il ferait directement rapport au Secrétaire général de l’ONU et au Conseil de sécurité, annuellement et chaque fois que de besoin.

À la différence d’autres organes de contrôle des Nations Unies, ce Comité agirait de façon active, au lieu d’attendre que lui parviennent des plaintes. Le Comité aurait des pouvoirs de faire des propositions directement applicables par les organes compétents de l’ONU.

Une révision de la Convention pouvant être difficilement réalisable, le texte créant ce Comité serait adjoint à la Convention par un Protocole additionnel facultatif.

CONCLUSION

Dans cette analyse, nous avons essayé de retracer plus ou moins l’intervention des Nations Unies dans le conflit rwandais afin d’atteindre le processus de paix ainsi que le rôle qu’elles ont joué dès les premiers jours de la crise et du génocide, pour en conclure une similitude avec le Burundi.

Qu’il s’agisse du respect des accords d’Arusha ou de la mise en place des opérations de maintien de la paix, on a vu que le manque de la volonté politique d’intervenir qui domine au sein de l’ONU et de la communauté internationale dans son ensemble, a fragilisé la crédibilité de l’organisation et a mis en cause sa capacité de mener des opérations de maintien de la paix. La volonté de l’ONU est la volonté des Etats qui la composent. Les intérêts propres des Etats et les relations diplomatiques priment très souvent sur l’intérêt de la communauté internationale ou de la sécurité d’une population, comme il a été le cas du Rwanda de 1994, et du Burundi de 2015.

Les défaillances actuelles du système onusien de faire respecter les accords d’Arusha pour le Burundi et de créer un Tribunal Pénal International pour le Burundi (TPIB) pour punir les auteurs des crimes à caractère génocidaire résident dans le manque de capacité de rassemblement, pour faire respecter les accords par les deux parties. Le partage des pouvoirs ne s’est pas suivi d’une véritable campagne d’incitation au respect des accords d’Arusha par les parties en conflit.

L’intervention lente de la communauté internationale une fois que le Président NKURUNZIZA et le parti CNDD-FDD aient décidé d’user de la force démesurée contre les manifestants du “Non au 3è mandat” et de déclencher une persécution aveugle et sanglante contre une partie de la population, illustre bien le manque de volonté politique qui a prévalu pendant cette année 2015.

Les causes d’un tel manque est, dans un premier temps, le refus de reconnaître le génocide en  cours de préparation. Ensuite, les moyens limités dont disposent la facilitation de la CAE affaiblissent son mandat et l’impact de sa mission. Finalement, le manque de volonté politique se manifesté également à travers une erreur de perception sur les causes du conflit actuel. actuel

S’agit-il d’une guerre civile ou d’une tuerie de civils innocents, ou d’un génocide ? La tendance  de la réponse étant une tuerie des civils par des inconnus non encore identifiés, la Communauté internationale concentre ses efforts diplomatiques à chercher une solution par la médiation, un accord politique entre partis politiques étant devenu la priorité. Cependant, faut-il le considérer vraiment comme une erreur d’appréciation ou comme une action volontaire? Il ne faut pas oublier les centaines bientôt les milliers de burundais qui sont assassinés journalièrement par une milice hutue des IMBONERAKURE soutenue par les miliciens INTERAHAMWE depuis bientôt 7 mois tandis que l’ONU prend son temps à trouver une solution pacifiste en mandatent l’UA qui mandate à son tour la CAE représentée par le président ougandais qui ne semble pas être pressé!

Bien que l’ONU ait commis des erreurs d’appréciation et qu’elle décide d’intervenir tardivement, la question est de savoir si le dialogue proposé par les Nations Unies pourra vraiment empêcher le génocide. Certes, la responsabilité de la communauté internationale sera assumée, mais il ne faudra pas oublier encore une fois la responsabilité des organisateurs du génocide et ceux qui les ont soutenu.

A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots des nos ennemis (les génocidaires burundais) mais du silence de nos amis (la Communauté internationale).

Au nom de tous les miens! (le peuple burundais)

Gen. Didier NYAMBARIZA

Pour le Mouvement de la Résistance Populaire

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7 réflexions sur “Le génocide ethnique en cours au Burundi (analyse du Général NYAMBARIZA Didier)

  1. je considère comme une insulte à mon égard le fait de me reprocher d’être un proche de NKURUNZIZA. Mais bon,…je respecte l’opinion de tout en chacun. Seulement j’ai été mal compris, ce n’est pas grave. L’essentiel c’est cet échange d’opinions.

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  2. Je viens lire les commentaires de NZIRAGUHEMUKA et je suis d’accord avec CARINE qu’il s’agit d’un agent très malin de NKURUNZIZA. Felicitations car tu touches le coeur même du sujet. En effet, tu acceptes que Nkurunziza harcele les tutsis à cause du troisième mandat et tu insistes qu’il s’agit d’un genocide politique!!!!! Pourqoui? Parce le genocide politique n’existe pas selon la convention du genocide! Est ce que les tutsis massacrés au Rwanda en 1994 étaient dans la politique du FPR ou du MRND? Est ce qu’il n’y avait pas conflits politiques? C’est l’essence de l’analyse du Gen. NYAMBARIZA, qui explique que le genocide est qualifié comme par la nature des causes! L’auteur discerne l’INTENTION CACHE du groupe NKURUNZIZA à vouloir asseoir un pouvoir Hutu contraire aux Accords d’Arusha, et pour réussir ce project, le CNDD-FDD de Nyabenda doit anéantir les tutsis! Une des preuves de l’INTENTIONNALITE est la creation d’une milice totalement hutue! Admettons que la creation d’une milice soit permise, pourqoui elle est hutue et pourqoui elle est entrainné en RDC par des INTERAHAMWE HUTU!!! Et pourqoui ne pas créer une milice mixte Hutu/Tutsi? Bref, le monde actuel est régit par la loi international et il est facile de prouver l,intention de massacrer les tutsis et les hutus modérés (contre le genocide).
    Et, une dernière question: comment catégoriser la SOCIETE CIVILE qui n’est pas politique mais qui est harcellée?

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  3. Très interressant! Je viens de comprendre une chose: quand on dit « génocide des tutsis et hutus modérés, on sous-entend la classe politique hutue,( intellectuelle donc minoritaires en nombre par rapport à la majorité de la population non éduquée) qui refuse de cautionner l’idéologie de la haine ethnique ou du genocide! Cette classe hutue qui combat donc pour la justice sociale est jugée par les gouvernments hutus racistes d’être vendus à la cause tutsie alors que CE n’est pas vrai! Je suis convaincu que Nyangoma est politiquement mûr pour constater effectivemment l’idéologie raciste et génocidaire de Nkurunziza et pour lutter pour la reconciliation et l’unité des burundais dans un Burundi de justice sociale et prospérité!

    (Je plaide pour BAGORIKUNDA de laisser ses commentaires même pro-Nkurunziza, si du moins il n’y a pas d’insultes ou autres causes contre la déontologie professionnelle. Mais BAGORIKUNDA, vérifiez vous aussi, car parfois ça nous arrive à tous d’envoyer des commentaires et qu’ils ne parviennent pas à destination par erreurs humaines ou d’internet. Ré-envoyez donc car un débat à sens unique n’est pas constructif!)

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  4. Mr. Janvier, rélisez l’article sinon c’est vous qui voulez endormir la communauté internationale que Nkurunziza n’a pas l’intention de massacrer les tutsis. Et pourtant l’analyse est Claire: l’auteur ne nie pas que les hutus meurent comme il signale les tueries de 2010 (contre les membres FNL); mais il discerne un plan caché de genocide Tutsi dont même le CNARED vient de confirmer dans la letter adressée à Ban Ki Moon ( ONU)…Cher NZIRAGUHEMUKA, yacuhemuka nkizina ryawe canke naho ukorera NKURUNZIZA!

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  5. Cette analyse de la situation actuelle faite par ce général est trop penché. C’est vrai que Nkurunziza et les siens s’acharnent pour le moment aux batutsi, pour en faire des victimes du refus du 3ème mandat, mais cette analyse semble oublier que Nkurunziza et les siens sont sans pitié aux bahutu qui ne sont opposés à sa politique dictatoriale. Il n’est nul besoin de rappeler le calvaire qu’ils ont fait endurer à ceux qui étaient derrière Rwasa depuis 2005 de nos jour. Le général Nshimirimana lui même allait jusqu’à dire à certains batutsi qui osaient lui dire que le SNR va exterminer les gens, que cette fois il persécute les siens, les bahutu, et par conséquent il ne faut pas s’en meler.

    J’en conviens avec l’analyste, que ce qui est en train de se passer ce sont des tueries aux allures génocidaire, mais c’est un génocide politique. Car, du moment qu’il s’agit de désapprouver les actions ou la volonté de Nkurunziza et sa clique, qui que vous soyez vous êtes dans les collimateurs de ceux-ci. Sinon Monsieur, l’analyste, vous êtes en train d’endormir certains bahutu qui vont croire à vos propos et qui vont oublier qu’une fois ils ont levé leur petit doigt pour dire non au 3ème, ils vont être surpris dans leur sommeil croyant qu’ils ne sont pas concernés. Et puis, pouvez-vous nous confirmer que les plus de 200 000 burundais qui ont fui ce pays très récemment sont tous des batutsi ou du moins le grand nombre sont les batutsi? Je ne crois pas. Réanalyser la situation s’il vous plaît, sinon allez tomber dans le piège de Nkurunziza.

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