Le Burundi sombre dans la terreur

https://i2.wp.com/www.un.org/News/dh/photos/large/2015/May/05-08-2015Burundi_Refugees.jpg«Les gens ont peur ! Dans les quartiers de Mutakura, Cibitoke, Ngarara mais aussi Musaga ou Jabe : les gens ont peur de se faire assassiner, certains veulent partir. Mais pour aller où ? Ceux qui pourraient les accueillir dans d’autres quartiers plus protégés ont désormais peur eux aussi d’être tués, s’ils abritent ceux qui fuient leurs domiciles.» C’est un cri d’alarme parmi d’autres, reçu de Bujumbura, la capitale du Burundi, mardi soir.

Même à distance, la peur reste palpable à travers les appels, les voix paniquées qui répètent les mêmes scènes, envoient les mêmes photos : celles de corps ensanglantés abandonnés sur des trottoirs, ou devant des maisons. Depuis six mois, le pays s’enfonce dans les ténèbres et la violence. Fin juillet, le président Pierre Nkurunziza avait pourtant fini par être réélu pour un troisième mandat et à s’imposer par la force malgré une forte mobilisation populaire. Mais la situation a continué à se dégrader. «Chaque nouvelle déclaration du Président fait craindre un nouveau massacre», explique David Gakunzi, un intellectuel burundais qui vit en France.

Samedi, un accrochage est survenu entre un groupe armé et la police à 13 km de Bujumbura. D’autres incidents ont eu lieu ces derniers mois, ce qui pourrait alimenter l’idée d’une guérilla en formation. Pourtant, dans ce pays, ce n’est peut-être pas tant «une résurgence de la guerre civile» qui est dans l’immédiat à craindre. «Qu’on ne se trompe pas, ce qui se passe en ce moment au Burundi, c’est le début d’un génocide», avertit David Gakunzi. Dès le début de la crise, le régime a tenté de faire ressurgir le clivage entre Hutus et Tutsis. Au début sans trop de succès, tant la contestation était unanime, mobilisant aussi les jeunes générations de Hutus (l’ethnie du président) privées de perspectives après l’accaparement des richesses par le clan au pouvoir. Mais la répression aveugle, elle, cible «les ennemis intérieurs», qu’ils soient des Tutsis ou des «traîtres» hutus. «Nkurunziza teste les réactions de la communauté internationale. Il n’annonce pas de massacre à grande échelle, mais mène des actions ciblées qui sont moins visibles, moins choquantes», analyse Gakunzi.

Mais, dimanche, une nouvelle étape a peut-être été franchie avec le discours de Révérien Ndikuriyo, l’actuel président du Sénat, face aux employés de la mairie de la capitale. Ses propos n’étaient pas destinés à être enregistrés. Ils le seront par des smartphones indiscrets. Révélant un projet monstrueux. S’adressant aux «chefs de quartiers», ce haut responsable les prévient : «Si vous entendez le signal avec une consigne que ça doit se terminer, les émotions et les pleurs n’auront plus de place !»

La Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas ont interrompu une partie de leur coopération. Barack Obama vient de retirer au Burundi le statut de partenaire commercial privilégié. L’UE a appelé lundi les autorités burundaises à des consultations. Mais, en attendant, les habitants de Bujumbura se terrent, dans l’attente de nouveaux meurtres.

Maria Malagardis, 4 novembre 2015 à 21:36, http://www.liberation.fr

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2 réflexions sur “Le Burundi sombre dans la terreur

  1. Je demande aux burundais de rester soudés tout en esperant que l’histoire du passé nous a enseignés.Le problème auquel nous faisons face au lendemain de l’independance est lié au ventritiotisme de nos dirigeant qui en s’appuyants sur les composantes du Burundi trouvent une façon de nous diviser en se basant sur les erreurs du passées.Nous les jeunesses ,le Burundi de demain,nous devons etre vigilants.un tutsi,hutu,twa a droit à la vie,et une perte de l’un d’eux devrait nous inquieter tous car c’est une personne.Un pays construit sur base de division ethnique ne peut en aucun cas se developper

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