Buryenda n’est plus, Karyenda non plus. Une perte ?

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Ce qui reste encore visible sur le lieu, c’est le ficus qui est l’arbre sacré, ainsi que des pierres qui forment à côté une fondation circulaire.

Buryenda était un lieu sacré qui abritait ce tambour royal nommé Karyenda, du temps de la monarchie au Burundi. Actuellement, il n’y a ni maisonnette, ni tambour. Selon un homme de culture rencontré sur place, ce lieu pourrait attirer les touristes s’il était réhabilité.

L’endroit se trouve au milieu de l’ancien enclos royal et les locaux du lycée de Muramvya, au chef-lieu de la province qui porte le même nom, au centre du Burundi. Ce qui reste encore visible sur le lieu, c’est le ficus qui est l’arbre sacré, ainsi que des pierres qui forment à côté une fondation circulaire.

Helménégilde Hakizimana, un grand amateur de la culture burundaise rencontré à Muramvya, raconte avoir eu la chance de voir cette maisonnette Buryenda. « C’était une maison circulaire ; une hutte pas enpaille, ni en bois, mais en bêton. Elle était bétonnée de bas en haut, partout. Juste à côté, il y avait un arbre-mémoire ou ikigabiro en langue nationale ». Notre interlocuteur n’a pas de précision sur le nom de l’arbre en question, mais pense « à l’umumanda ou umuvumuvumu. Vous savez que ça se ressemble ».

M. Hakizimana témoigne en outre que la maisonnette n’a pas été effondrée des suites de l’accident ou de l’âge, mais qu’elle a été détruite. « C’est l’ancien président Michel Micombero qui a demandé la destruction de la maison du temps de son règne en 1974 », renseigne l’homme de culture.Il précise qu’à l’origine, on lui avait refusé d’accéder à la hutte en 1965, quand il était encore premier ministre, sous le règne du Roi Ntare V. Il était avec Ntare V qui, lui, y est entré.

D’emblée, on se demanderait pourquoi le premier ministre s’est vu refusé d’accéder à l’intérieur de Buryenda. « A l’époque de la monarchie, indique Hakizimana, il était interdit à toute personne du clan des Bahima d’accéder dans cette maison. Or, Micombero était un Muhima ». C’est alors après neuf ans quand il était à son tour président de la République, qu’il a ordonné la destruction de la maisonnette.

Notre interlocuteur souhaite que l’endroit soit réhabilité. Pour lui, le lieu pourrait être un bel appât des touristes, ce qui pourrait générer des fonds pour le pays. « C’est faisable ; il y a lieu de chercher des photos pour la reconstituer comme elle était à l’époque ».

Mais le tambour Karyenda serait un mythe. Une vieille personne de la famille royale qui a souhaité garder l’anonymat indique avoir voulu, avec d’autres individus pendant leur jeunesse, soudoyer même le gardien du tambour, afin qu’ il leur montre ce tambour. Le gardien leur a montré quelque chose en forme justement de tambour, mais emballée dans une natte, et leur disait : « Regardez, regardez ». Les jeunes ont regardé, mais n’ont rien vu de clair. Et jusqu’actuellement, personne ne sait où serait gardé le tambour sacré.

Isanganiro , mardi 10 novembre 2015  à 11 : 41 : 00

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