Nouvelle flambée de violences à Bujumbura

https://i1.wp.com/r4.llb.be/image/64/564af8c33570ca6ff8f35f64.jpgNouvelle vague de violences à Bujumbura, où sept personnes au moins ont été tuées dans la nuit de dimanche à lundi. Depuis une semaine, la police organise des rafles dans les quartiers supposés d’opposition, destinées à confisquer les armes en circulation; une vingtaine ont été saisies.

Plusieurs affrontements ont eu lieu dans les quartiers nord et sud de la capitale burundaise, entre les forces du régime et des insurgés contre le troisième mandat – interdit par les Accords de paix d’Arusha – du président Nkurunziza. Selon l’AFP, tous les incidents, sauf un (l’attaque d’un bar à Bwiza, quatre morts), ont été revendiqués par un ancien officier supérieur de l’armée, au nom des insurgés.

Lundi, des grenades ont explosé à Kamenge, fief du parti présidentiel, et Buyenzi, semant la panique au marché.

Intimider la rédaction d’ »Iwacu » ?

Le même jour était convoqué devant le substitut du procureur général le rédacteur en chef du seul journal indépendant resté ouvert, « Iwacu ». Antoine Kaburahe a été interrogé deux heures durant, « dans le cadre du dossier de la tentative de putsch du 13 mai » dernier, a indiqué à « La Libre Belgique » son avocat, Me Lambert Nsabimana. « Il a répondu sereinement, puisqu’il n’avait rien à se reprocher. Il a pu rentrer chez lui mais doit rester à disposition de la justice », a poursuivi l’avocat. Interrogé sur le sens de cette décision, Me Nsabimana a jugé que cela semblait procéder « d’une logique d’intimidation envers le seul organe de presse indépendant, parce qu’on sait bien qu’il n’a rien à voir avec la tentative de putsch ».

A Bruxelles, l’Union européenne (UE) a indiqué lundi qu’elle envisageait de nouvelles sanctions contre des responsables burundais « dont l’action ou le discours auraient conduit ou conduiraient à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l’homme et/ou entraveraient la recherche d’une solution politique« . La communauté internationale fait pression pour que Bujumbura ouvre, hors du Burundi, un dialogue avec son opposition; le régime refuse de discuter avec ceux qui n’admettent pas le troisième mandat.

Les sanctions sont dans l’air

Vendredi dernier, l’UE a rappelé ses personnels non indispensables en poste au Burundi et la Belgique a conseillé à ses ressortissants de faire de même, en raison du discours anti-belge du chef du parti présidentiel, Pascal Nyabenda, qui a accusé la semaine dernière « le colonisateur belge » de financer et armer les opposants au troisième mandat du président Nkurunziza, en vue de la « recolonisation du Burundi et de son peuple ».

Le régime est également fâché contre l’UE qui, conformément aux accords de Cotonou signés par Bujumbura, lui a donné un mois pour entamer des discussions qui, en cas d’échec, pourraient mettre fin à l’aide au développement. Ces accords de Cotonou fixent les règles de la coopération entre Européens et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique bénéficiant de son aide, et prévoient notamment le respect de l’Etat de droit.

Enfin, alors que le Conseil de sécurité de l’Onu a demandé le « renforcement » de la présence de l’Onu au Burundi, l’Union africaine a demandé à « la Force est-africaine en attente de préparer rapidement un déploiement au Burundi au cas où la situation empirerait ».

Mais c’est surtout le message de Barack Obama, vendredi, à l’armée burundaise qui suscite des attentes. Il l’a appelée à « aider à maintenir la paix » « en restant en dehors des conflits politiques et en protégeant le peuple burundais ». Tous les militaires burundais partis en Somalie pour l’Union africaine ont été formés et sont encadrés par les Etats-Unis.

MFC , lundi 16 novembre 2015 à 18h59, http://www.lalibre.be/actu/international

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