Burundi: Boniface Kiraranganya est un imposteur (Prime NYAMOYA)

https://i1.wp.com/burundinews.fr/actualites/PRIM2.jpgBoniface Kiraranganya est un imposteur. Je vais le démontrer, au moins sur des passages dont je peux attester la véracité.

Son livre « Vérité sur le Burundi » publié au Québec en 1977 est préfacé , tenez-vous bien, par Jean Paul Harroy, Résident Général du Rwanda et du Burundi (1955-1962).

Le lien, mieux la proximité entre les deux personnages va être démontré. Je reproduis pour le lecteur un passage particulièrement obséquieux de cette préface : « Oserais-je reproduire cette dédicace ? …Avec tous les hommages de l’auteur. Je suis heureux de vous dédicacer mon premier ouvrage et de vous prier de croire que, après mûres réflexions, j’admets que mon erreur fut énorme du temps de la lutte pour l’indépendance. Permettez-moi donc de saluer en vous l’un des hommes les plus prestigieux et les plus clairvoyants de l’histoire du Burundi – et de Belgique. Merci pour l’apport considérable de votre administration chez nous, surtout sur le plan justice et humain.» Boniface Kiraranganya rend hommage à Jean-Paul Harroy, non , vous ne rêvez pas !

Je suis convaincu que M. Kiraranganya, modeste secrétaire-détective à la police judiciaire de Gitega qui fut en 1960 un des propagandistes les plus zélés de Louis Rwagasore, a été retourné plus tard par la Tutelle pour en faire un espion au service de la Sûreté belge et probablement de la CIA.

Il est largement admis aujourd’hui que le livre dont il se targue d’être l’auteur a été tout simplement rédigé par « un nègre », probablement un professeur canadien rémunéré par les Services Secrets.

Jean-Paul Harroy utilise abondamment ses écrits les plus insultants pour servir de paravent quand il ne peut pas lui-même le faire par fausse décence, de la part d’un professeur de l’Université libre de Bruxelles. Un exemple parmi tant d’autres, Kiraranganya écrit : « Dans ses forfaits,…. Albin Nyamoya était secondé par un homme plus méchant que lui, le ministre de la Justice de l’époque, Pierre Ngunzu, qui sera fusillé (par erreur) tout au début de événements sanglants d’avril-mai 1972.»

Le lecteur peut comparer cet exercice de style avec celui de son maître .« Fin décembre, j’invitai le Ministre de l’Agriculture, Albin Nyamoya, à survoler avec moi la crête dénudée, en hélicoptère, à basse altitude. Il accepta. Vu du ciel, le spectacle de la désolation était affreux. Mon passager reste de marbre. J’ignorerai s’il pensait « c’est effectivement dommage » ou, au contraire : on t’a bien eu ». Ces deux passages montrent à suffisance que les deux personnages sont de mèche et la raison de Boniface Kiraranganya pour son comportement odieux sera expliquée plus tard.

A plusieurs reprises, Boniface Kiraranganya a essuyé un refus à sa prétention de diriger la Sûreté Nationale, notamment par André Muhirwa, Pierre Ngendandumwe et Albin Nyamoya qui connaissaient très bien ses antécédents. Ce qui le privait d’informations précieuses à communiquer à ses commanditaires. Il y a un autre aspect moins connu à propos de la mort de Pierre Ngendandumwe qu’il attribue dans ses écrits virulents à ses adversaires politiques. Laissons donc aux chercheurs et historiens le temps de défricher les archives secrètes de l’Administration belge et de la CIA qui sont en train d’être déclassifiées et bientôt accessibles au public.

Les révélations qui en sortiront vont surprendre beaucoup de politiciens burundais, notamment d’une certaine mouvance hutisante , dont les arguments ont servi de support intellectuel à la rédaction des thèses sur la base des écrits d’un homme dénué de tout sens moral et éthique. Il a servi Jean-Paul Harroy dont on connait désormais le rôle direct dans l’assassinat du Prince Louis Rwagasore, avec les conséquences incalculables sur l’itinéraire politique du Burundi depuis l’indépendance. Voici un exemple de son rôle d’espion de la Tutelle exposé par son commanditaire. Harroy fustige l’action de certains militants indépendantistes, comme le journaliste Damien Kaburahe, compagnon de lutte de Rwagasore . Harroy regrette : «… Au contraire (du Ruanda), le Ndongozi de l’Archevêché rundi était par Mgr Grauls laissée à la discrétion d’un uproniste de choc, Damien Kaburahe (Boniface Kiraranganya confirme le radicalisme de Kaburahe…). Nous n’avons jamais manœuvré,- nous avions tort-, pour essayer d’enrayer ce pernicieux et combien efficace travail de sape incontestablement dirigé sous l’égide de l’Eglise catholique contre la politique de la Tutelle au Burundi ».

De mes investigations dans les archives pendant des années, voici ce que je peux dire sur ce personnage méphistophélique. Boniface Kiraranganya n’a jamais été Uproniste, mais co-fondateur de l’APRODEBA avec un certain Pascal Mbuziyonja, premier parti politique éphémère soutenu par l’administration belge. Dès le départ, il a toujours été un indicateur des services de la Sûreté belge qui a voulu profiter du fait que Boniface Kiraranganya était un cousin du Prince Louis Rwagasore. Et c’est à la demande de ces services qu’il a infiltré le parti UPRONA avec l’objectif  de provoquer une implosion à l’intérieur du parti .

Mais Rwagatore n’était naïf. Il  ne lui a jamais confié aucune mission importante, ni aucune responsabilité au sein du Parti.  Par la suite, les premiers ministres qui ont succédé au Prince Louis Rwagasore, dont mon père,  savaient qu’il était un espion et lui ont refusé systématiquement le poste de Direction de la Sûreté qu’il n’a cessé de convoiter. Voilà l’objet de son courroux et de sa vengeance.

Pour ceux qui l’ont connu, mon père n’a jamais voulu répondre aux écrits outranciers de Kiraranganya, n’étant pas, aussi bien  par tempérament que par éducation, un familier de la polémique ou de la diatribe. Tout au long de sa carrière politique, il a constamment évité le recours à l’anathème et à la diabolisation. L’ayant mis en cause sur un ton plus que déplaisant et injurieux, je ne pouvais plus longtemps garder le silence.

Il n’est pas dans mes intentions de régler des comptes à un personnage plutôt médiocre mais de rétablir la vérité sur les déformations que contient son pamphlet odieux. Après la mort de Rwagasore, il a exécuté avec un zèle servile le plan de Jean-Paul Harroy qui consistait à détruire le Parti Uprona en semant la suspicion et la haine entre Hutu et Tutsi. A cet effet, il utilisa avec un art consommé cette arme redoutable dont il avait le secret, -ce que lui reconnait par ailleurs son maitre dans le livre déjà cité-, à savoir le mensonge mis au service de la calomnie et de la manipulation.

Quant au passage du livre de Jean-Paul Harroy concernant sa rencontre avec mon père, je lui avais posé la question avant sa mort en 2001. Effectivement, il avait refusé de lui serrer la main ni de lui adresser la parole lors de cette excursion en hélicoptère. Il m’avait tout simplement répondu ceci : « je ne pouvais tout de même saluer ni adresser la parole à celui que je considère comme l’assassin du Prince Louis Rwagasore. »

Prime NYAMOYA

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