CNARED: Interrogations sur le tapage médiatique de Jérémie Minani

DSCI0840JEREMIE MINANI, UNE EPINE DANS LE PIED DU CNARED COMME HENGEKA ET THIERRY NDAYISHIMIYE ?
Par Johan Bizoza

Je ne suis pas sûr que la stratégie pacifiste adoptée par le CNARED face à la dictature sanguinaire de Nkurunziza sera efficace. Cependant,   je ne suis pas non plus d’accord avec des membres du CNARED qui agissent en ordre dispersé comme s’ils n’avaient pas de respect pour les hiérarchies qui ont été mises en place.

Le CNARED  est un assemblage de tendances diverses, d’intellectuels aux formations et aux convictions différentes,  avec des valeurs et des visions aussi différentes par rapports aux intérêts nationaux et dans tout ceci, un président  connu pour son sens  de consensus et de collégialité,  qui essaie d’y mettre de l’ordre et d’orienter toutes ces tendances vers l’intérêt commun, celui du peuple Burundais. Ce n’est pas une chose facile parce qu’il y a encore parmi  tout ce monde des éléments qui veulent  agir comme s’ils étaient  mandatés,  soit  pour saboter le CNARED, soit pour promouvoir leurs intérêts cachés au reste du groupe.

C’est dans ce cadre qu’en tant que sympathisant du CNARED,  je voudrais  donner ma contribution en revenant sur des cas d’indiscipline qui se montrent  par des déclarations connues comme non homologuées par le président du CNARED. En effet, le CNARED a déjà définie une ligne de conduite pour arriver à un dialogue  et sauver la vie des Burundais par la voie de négociations inclusives. Un appel à prendre les armes par l’un quelconque des membres dirigeants du CNARED, sans l’aval de son directoire,  même par un chargé de la communication, est un écart de conduite qui devrait être blâmé et, en cas de récidive, sanctionné sévèrement.

Prenons ce cas de Minani Jérémie, le chargé de la communication au niveau de la coalition. Comment peut-il contredire la ligne adoptée par le conseil, qui appelle constamment  au dialogue inclusif comme mode de sortie de la crise à laquelle  fait face notre pays ? Comment peut-il déclarer qu’au CNARED, le problème c’est Nyangoma, que celui-ci ne comprend pas la cause, fait une lecture différente  des objectifs, qu’on va lui donner des conseils, le mettre en garde et, si c’est nécessaire l’éjecter[1] ? Soit ce monsieur est un intrus payé pour ronger le fruit de l’intérieur, un agent infiltré par Nkurunziza comme certains le soupçonnent, soit c’est un incompétent notoire qui  ignore tout de la collégialité et de l’esprit de conciliation. Connaissant l’ennemi qu’on a en face et la position de la communauté internationale,  le CNARED ne devrait pas se permettre une telle bourde de communication surtout avec ce que la coalition compte comme intellectuels.

Le langage de Minani Jérémie révèle non seulement son manque de maturité politique, mais il frise également l’insolence. Ni dans l’éducation burundaise, ni dans aucune culture politique, on ne parle de son supérieur hiérarchique- fût-ce pour quelques temps- avec autant de manque de tact et de retenue que le fait Jérémie Minani. Pour quelqu’un qui prétend diriger un parti politique, l’avenir nous dira si ces manières  vont payer.

Le CNARED doit garder une ligne d’ensemble et de collégialité s’il veut  arriver à son objectif de sauver le peuple burundais de la dictature de Pierre NKURUNZIZA et de tout autre dirigeant qui voudrait encore ramener le peuple burundais dans une servitude contre laquelle nous avons si longtemps lutté.

Je suis convaincu que le CNARED ne peut pas inviter les Burundais à se tuer les uns les autres  en prenant les armes d’une façon désordonnée ;  à mener un combat inégal et mal préparé, dans un style terroriste, dans des quartiers densément peuplés de la capitale où l’ennemi est le plus fort, comme le font les groupuscules armés, sans identité ni leadership déclarés. Mais dans ses déclarations, le CNARED a déjà promis aux Burundais de les libérer par tous les moyens et il le fera, si le pouvoir auto-proclamé rejette sa main tendue.  Seuls des intérêts cachés peuvent le déstabiliser si on n’y regarde pas de très près.

Le CNARED ne saurait raisonnablement prêter l’oreille à ceux qui, sous prétexte de vouloir  nous aider à sauver  la patrie,  voudraient qu’on leur brade notre indépendance, et nous imposer des sacrifices mortels qui hypothèquent notre avenir. Même dans le malheur, surtout dans le malheur, il faut un sursaut de conscience et garder le sens des valeurs qui ont fait du Burundi une nation. De même, il ne doit pas se laisser piéger par ceux qui, faussement  positionnés aux côtés de la démocratie, nourrissent des desseins rétrogrades, et recyclent une idéologie  de la soumission mercenaire, sous des dehors généreux.

Bien que le président de la coalition, Léonard Nyangoma,  soit un homme de consensus reconnu pour son horreur de la corruption et de la mauvaise gouvernance, il y a fort à parier qu’il n’aura pas la tâche facile tant que dans la coalition il y aura des éléments qui ne voient que leurs propres intérêts dans le court terme plutôt que l’intérêt supérieur de la nation en danger.

Avant Minani Jérémie, Hengeka et Thierry Ndayishimiye 

Ces deux plumitifs sont en fait un même personnage. Depuis longtemps, ce Thierry Hengeka ou  Bizoza Hengeka ou alias Evadé écrit des brûlots commandités par un homme politique. En cachette, celui-ci critique le CNARED, oubliant que Uwubandabunda abonwa n’uwuhagaze. Il prétend que Nyangoma est âgé et devrait laisser les plus jeunes gouverner. Il écrit : « En effet, depuis son arrivée à la présidence du Cnared, l’Honorable Léonard Nyangoma n’a jamais pu s’imposer réellement comme un véritable patron. Manipulé par une quincaillerie d’anciens dignitaires burundais, le Cnared brille par son incapacité chronique d’inquiéter sérieusement Pierre Nkurunziza et son équipe… C’est une institution à liquider pour éviter d’ajouter le drame au drame. Elle manque de leadership clairvoyant et de cohérence interne, susceptibles de défendre réellement, les intérêts supérieurs de la Nation burundaise. »  ou encore : « Le Cnared a déjà perdu sur toute la ligne, sa guerre contre le 3e mandat. Quand on fait la guerre à 50 %, on est certain à la perdre à 100 % ! Quoi de plus normal que le Cnared glisse vers son « ennemi » d’hier pour sauver ses meubles?[2] »

Non, ce dont nous avons besoin, ce n’est pas d’un patron ou d’un homme fort, mais d’un sage, qui sait gérer la diversité pour converger vers la cause commune.  Et l’on ne se peut pas œuvrer pour saper une organisation et ensuite l’accuser de manquer de cohésion. Les mêmes qui accusent le CNARED d’inefficacité devraient rendre disponible leur contribution ou alors tirer les conclusions de leur logique. Ne dit-on pas qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné ?

@rib News, 01/12/2015


[1] https://soundcloud.com/radio_bujumbura_inter/au-cnared-le-probleme-cest-nyangoma et https://agencebujanews.wordpress.com/2015/11/28/au-cnared-le-probleme-cest-nyangoma-selon-minani-jeremie/

[2] https://agencebujanews.wordpress.com/2015/11/21/le-cnared-une-bouffee-doxygene-au-troisieme-mandat/

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