DIALOGUE UE/BURUNDI : La grande farce

001 HyWRD9xmLe régime de Pierre NKurunziza a rendez-vous avec ses partenaires de l’Union européenne (UE), le 8 décembre 2015 à Bruxelles. Ce sera pour le pouvoir burundais, une occasion de présenter sa défense face aux accusations de violations des droits de l’Homme, des principes démocratiques et des règles de l’Etat de droit, qui pèsent sur lui. Il devra proposer une feuille de route dans le sens de résorber les problèmes. Seulement, on peut bien se poser des questions sur la démarche, la méthode utilisée par l’UE. Certes, cette procédure est conforme aux dispositions de l’Accord de Cotonou entre l’UE et les pays de l’entité Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Mais, sa pertinence est sujette à caution, surtout dans le cas d’espèce. Il y a matière à douter de la bonne foi de l’UE à préserver et défendre effectivement les droits humains, les principes démocratiques, les règles de l’Etat de droit au Burundi de Pierre NKurunziza.

NKurunziza devrait être traité comme un pestiféré

En effet, l’UE est, dans son ensemble, restée passive quand les nuages s’amoncelaient sous le ciel burundais. En d’autres termes, elle n’a pas été suffisamment proactive et ferme pour faire comprendre à NKurunziza son refus catégorique de toute violation de la Constitution de son pays et de l’Accord d’Arusha. Ainsi, le maître de Bujumbura s’est adjugé un mandat au prix des larmes et du sang de bien de ses compatriotes, au nez et à la barbe de la communauté internationale dont les hauts faits d’armes auront été quelques discours de réprobation sans conséquence, du reste. Bien des Burundais ont dû prendre les armes, probablement dans une sorte de désespoir, pour s’opposer à la machine oppressive du régime. Bien des populations dans ce pays, ont payé de leur vie leur attachement aux valeurs démocratiques. Certaines vivent encore dans l’angoisse perpétuelle et d’autres n’ont eu la vie sauve qu’en prenant le douloureux chemin de l’exil forcé. Certes, des thuriféraires du régime du pasteur-président sont aussi tombés pendant ces heures sombres de l’histoire du Burundi. Et l’opposition armée est indexée pour ce qui est de ces crimes. Mais, on ne doit pas perdre de vue le fait que toutes ces violences n’ont pu éclater qu’à cause d’un seul homme, de sa boulimie du pouvoir, de son dédain pour son pays et son peuple, de sa haine de la démocratie. Et cet homme-là n’est nul autre que Pierre NKurunziza. Il ne faut donc pas se tromper de cible ni d’adversaire. Le premier et principal coupable de ces violations des droits de l’Homme et de ces atteintes aux standards démocratiques est bel et bien NKurunziza. Il porte l’entière responsabilité de la crise qui secoue son pays et devrait être traité comme un pestiféré. Ceci dit, on voit bien qu’on n’avait pas besoin de dialoguer avec Bujumbura pour voir s’il mérite des sanctions ou non. Ces sanctions devaient être un minimum syndical et ce, dès les premières heures de la crise. Mieux, l’UE devait déployer une batterie de mesures dissuasives pour que le dictateur burundais comprenne qu’il n’est pas dans son intérêt de s’engager dans cette voie de déni de la démocratie, parce qu’elle est sans issue. Une telle fermeté de l’UE présentée comme le principal partenaire, bailleur de fonds du Burundi aurait certainement fait son effet et on aurait peut-être pu faire l’économie de bien des pertes en vies humaines, de bien des déplacements de populations, pour ne citer que cela.

Toute solution qui n’inclurait pas le départ de NKurunziza du pouvoir serait une arnaque

En tout état de cause, cette décision des pays membres de l’UE, grands chantres de la gouvernance vertueuse des Etats, de s’asseoir à la même table qu’un négationniste patenté de la démocratie comme le dictateur de Bujumbura, achève de convaincre que les peuples opprimés ne peuvent que compter sur leurs propres forces. Vouloir écouter un dictateur avant de voir s’il faut le sanctionner, relève bel et bien d’une fuite de responsabilité. Ces négociations sont une manière pour les Européens de se donner bonne conscience et de paraître aux yeux des naïfs, comme de fervents défenseurs de la démocratie partout et pour tous. Cette mollesse apparente de l’UE vis-à-vis du pouvoir burundais pourrait se justifier par sa volonté de ne pas se faire doubler dans ce pays, par la concurrence chinoise, voire russe, de plus en plus en verve sur le continent africain. Une fois de plus, la promotion des intérêts mercantilistes prend le pas sur la défense des valeurs. En tout cas, les Burundais n’attendent pas, a priori, grand-chose de ce dialogue qui ressemble à bien des égards, à de la diversion, à une grande farce. NKurunziza, lui, se frotte visiblement les mains. Il devra recouvrer à l’occasion une sorte de légitimité puisque le partenaire le plus important de son pays a encore l’amabilité de l’écouter après et malgré tous les crimes de son régime. Il aura certainement à cœur de se saisir de cette perche tendue pour proposer des « mesurettes » lui permettant de calmer la tension dans le pays, l’essentiel pour lui étant de conserver son fauteuil. Or, c’est là que le bât blesse. Toute solution qui n’inclurait pas le départ pur et simple de NKurunziza du pouvoir serait une arnaque et une injure à l’endroit du peuple burundais. Ce serait une façon de dire aux Burundais qu’ils ne méritent pas la démocratie, qu’ils doivent s’estimer heureux d’avoir un satrape comme NKurunziza qui préside aux destinées de leur pays. Evidemment qu’une telle solution serait de nature à entretenir le brasier de la crise. Cette sorte de séance de rattrapage de l’UE vis-à-vis du Burundi, bien loin de l’objectif de départ qui devait être la mise à l’écart sans autre forme de procès du dictateur burundais, conforte ainsi NKurunziza dans sa posture. C’est comme si l’UE, et par-delà la communauté internationale, s’était résolue à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Cette façon de prendre des gants vis-à-vis d’un dictateur qui s’est illustré par sa cruauté contre son propre peuple, est de la non-assistance à peuple en danger. Il est grand temps que la communauté internationale mette fin à cette hypocrisie si elle veut que ce monde soit vraiment paisible et humain. En tout cas, il y a lieu de revoir sa copie en ce qui concerne son rôle aux côtés du peuple burundais opprimé. Et comme le dit l’adage, « il n’est jamais tard pour bien faire ». A l’UE de surprendre agréablement en faisant enfin preuve d’intransigeance vis-à-vis des fossoyeurs de la démocratie burundaise, lors de ce dialogue. Cela est indispensable pour soigner sa propre image de promotrice des règles et principes de l’Etat de droit démocratique.

« Le Pays »

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12 réflexions sur “DIALOGUE UE/BURUNDI : La grande farce

  1. Barundi, ntaco duhendwa n’ibi biganiro vya Nkurunziza na UE. Nta solution durable. Ni vya bindi vyo gufufahaza. twese ingo tuje hamwe tumutuze. None yonanirana? Ni yananirana n’ukuvuga ko abarundi batazoba baratahura ko ibwirizwa shingiro canke amasezerano ya Arusha bikenewe kuba ishingiro. Kuko navyo birashika hariho abakurikira moutonnement. Benshi mu bagize umugambwe uri ku butegetsi n’uko bameze. N’uwobashora mu manga bokurikira. Nk’ubu ngo barindire fevrier. azoba yafashe utu mesure dutoduto hanyuma abarundi bace bijajara. Hagurukira rimwe tumusrprene hanyuma azomenye ko Mu burundi ata baja bariho ata bwoko bukenewe canke ibindi bijuju vyose.

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  2. Cet article reflète très dignement la position et les idées dans un pays où le peuple n’a accepté aucun compromis dans la lutte démocratique. Gloire et Victoire à la vérité.
    Cependant le dialogue qui est en vu à Bruxelles serait-ce seulement un dialogue entre l’UE et le pouvoir contestable et contesté de Bujumbura ou un dialogue inter-burundais initié par UE?
    S’il s’agit d’un dialogue UE-Pouvoir Burundais, l’objectif de ceux qui n’ont jamais rien fait pour empêcher le fossoyeur de la paix de se maintenir au pouvoir ne sera rien d’autre que ce qu’ils ont toujours mollement tenté sans aucune réussite: éviter le carnage afin de ne pas porter sur la conscience un nouveau génocide (qui a déjà commencé comme un départ d’incendie contre les anti 3eme mandat de tout bord). Comme il est dit dans cet article, l’UE en obtenant des promesses et des mesurettes de la part du pouvoir, confortera Nkurunziza dans sa reconnaissance par les instances internationales.
    Si par ailleurs ce dialogue implique toutes les parties burundaises, ce sont elles, le CNARED et tous les autres défenseurs de la démocratie qui doivent être déterminés pour le départ de Nkurunziza et faire comprendre à l’UE et à toute la communauté internationale qu’il ne leur reste plus qu’à prendre le parti de Nkurunziza contre leur détermination à le chasser par la force de ce pouvoir qu’il a usurpé par la force et le subterfuge.
    La constitution et les accords d’Arusha doivent rester non négociables. Et des comptes doivent être rendus pour leur violation et les conséquences de sa violation.

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  3. ivyiyumviro vyanyu bisa nivyapfuye,vyaboze,kwibaza ko umwe canke babiri muvugira abarundi kubijanye na nyakwubahwa S.E president de la republique NKURUNZIZA Pierre,twashizeho biciye mumatora,ngo mwomukura mutatumaze.teshwa mute iryo abarundi bapfunditse nuko azotwara imyaka5,hama mandat yiwe iheze atange abandi bashikigwe.abicanyi nkamwe mwipfuza gutwara bande?kireka duheze.

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    • Et ça cher Monsieur, c’est un discours patriotique? Vous aimez vraiment votre pays? ou vos frères et soeurs Burundais? Quelle perspective avez vous de l’avenir de votre PAYS puisque tout ce que je lis ici est que: Gushikigwa!!!!!! Tuvahe, tujahe?
      Voici quelques indicateurs z’ivyiyumviro vyiza pour le pays: d’abord, et avant tout, l’unité nationale, la paix pour tous, la reconciliation nationale et le développement global et individuel (la santé, la sécurité alimentaire, une bonne éducation pour tous) et tout ceci ne peut se réaliser sans la bonne Gouvenance! ici le débat est la Gouvernance de Peter Nkurunziza avec quelques acolytes chargés de culpabilté pour cause d’une Gestion de la chose publique catastrophique! Gouvernance suppose respect des lois, des reglès convenues, l’INTERET SUPERIEUR de la nation, niko kuba umugabo!
      ivy’uko muhera, déjà vous et qui? Eka gukwegera abanyagihugu mu mafuti en profitant de leur situation difficile mu bahenda…..

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