Quel ingrédient manque à la démocratie burundaise ?

https://c1.staticflickr.com/3/2871/12588850413_8d105b4dd5_b.jpgDepuis son indépendance, alors que tous les pays du monde apprennent à tourner la page des ethnies et se focaliser sur le Développement, notre cher Burundi, lui n’a hélas jamais connu un seul répit. Toujours des guerres, des règlements de compte, des génocides, des coups d’état, des réfugiés, des tortures, des exactions extra judiciaires, des exils, des pleurs, des jalousies, de l’effusion de sang et j’en passe.

Cette roue qui nous broie tous tourne toujours et semble ne jamais s’arrêter! Les victimes d’hier sont les bourreaux d’aujourd’hui, et les victimes d’aujourd’hui sont forcées à devenir les bourreaux de demain. Bis repetita

Ce qui fait même pitié, c’est que certains, osent même croire que cette fameuse roue tournante de l’histoire n’attend juste que leur tour pour finalement s’arrêter de tourner… Ils oublient que la violence appelle la violence, contrarier ton frère revient à s’exposer soi-même, car tu lui apprends a avoir la même haine que tu avais avant. Mais ne nous y trompons pas, ceux qui étaient arrogants jusqu’ à récemment, commencent doucement et timidement à baisser le ton et passer des heures sur un stressant qui-vive, l’on ne sait jamais d’où ça vient car en réalité nul, nul au monde, n’a finalement le monopole de la violence mais au fond tout burundais, toutes tendances confondues pro ou contre 3e mandat, hutu- tutsi, commence à cogiter sur son sort, a réfléchir sur sa survie ne fut ce qu’identitaire, tout le monde commence à remettre en cause cette démocratie burundaise, l’on a tendance à douter sur la survie même du Burundi de demain.

Tiens, les psychologues s’accordent sur une chose : Entre 45 et 60 ans, la plupart des humains (sinon tous) et ce, peu importe leur catégorie sociale et leur statut économique font face à une crise que les anglophones appellent « Mid-life crisis ». C’est une période ou la conscience de ton espérance de vie te frappe en plein figure. Le sentiment le plus ressenti ici est souvent un sentiment de remord, le film de tous ces objectifs non atteints tous ces rêves non réalisés commence à se dérouler à longueur de journée, l’on veut rester jeunes. L’on commence à remettre en cause ce monde dans lequel on va bientôt laisser nos enfants, ce monde où l’on regrette les actions aveugles de notre jeunesse, etc.

Un exemple frappant : tout burundais né en 1965, année de la toute première crise ouvertement ethnique, vient en cette année 2015, de souffler ses 50 bougies. 50 longues années de vie ! Traverser cette crise étant burundais ? Ça doit certainement être un gâchis et ce peu importe sa catégorie sociale ou la taille de son portefeuille! Au fond, tout burundais souffre énormément au fond de lui, car doutant de l’avenir de sa progéniture (auront-ils la même chance que moi ? pourront ils survivre dans un système qui les exclut ? seront-ils victimes de mes actes une fois que je ne serai plus de ce monde ?), ou alors ce burundais exilé et étant dans la diaspora commence à avoir un mal du pays et regrette d’avoir entièrement vieilli en dehors de sa terre si chèrement natale (aho wataye uruzogi) de ne pas avoir fait suffisamment le nécessaire pour que tout ce qu’il a comme identité, j’ai nommé son pays d’origine puisse etre au moins un pays de paix ou il fait bon de vivre.

Mais qu’est ce qui nous manque au fond ? Qu’est ce qui nous rend si aveugle ?

Certes, les burundais se sont entretués pour diverses causes, mais tous les analystes s’accordent sur le fait que tous les conflits burundo-burundais ont eu et gardent un et un seul dénominateur commun : le « politico-ethnique ». En réalité, toute crise burundaise, depuis 1965, 1972, 1988, 1993, 1995, 2006 et 2015, oui toutes ces années sombres, chaque crise a toujours commencé au debut comme un conflit politique (survie de son parti politique, intérêts économiques égoïstes, une géopolitique mal calculée, malaise économique au sein de l’armée, violation de la constitution, putsch) et a défaut d’une issue favorable, les belligérants burundais se rabattent presque automatiquement sur leurs ethnies pour réorienter la crise, y sortir indemnes et surtout tisser des alliances purement basées sur l’émotionnel (umuhutu wiwacu, umututsi mwene wacu, hako bariya baza twopfuma tugumana uyu, etc.).

Dans cette dernière option, aucune logique ne marche hélas, toute décision est désormais placée dans l’émotionnel, dans une sorte de symbolisme ou l’on finit par mystifier son leader et l’obéir peu importe l’évidence de l’injustice que l’on prône collectivement. Avec le temps, les deux ethnies Hutu et Tutsi ont même acquis, chacune, une formule classique pour facilement appeler à la conscientisation de sa masse respective (les Hutus vous parleront d’un soi-disant imaginaire empire Hima et du retour de l’injustice sociale par le méchant Tutsi, et les Tutsis surenchériront en alertant avec beaucoup de zèle le risque de (recidive) ou de génocide de la minorité par le méchant Hutu). Tous ces mots ont un grand pouvoir car ils mènent directement a une sorte d’auto défense systématique et aident à renverser la tendance dans une crise jadis purement politique. C’est un simple raccourci très efficace a tout dictateur, lequel raccourci est aussi hyper dangereux, car dans ce jeu purement politique, certains burundais,peu importe le niveau d’éducation, croient en ces pseudos-causes et y croient dur comme du fer ! Et tout ça a cause de leurs fameuses ethnies!

Oui! Justement parlons donc de ces ethnies- Comment en est-on arrivé a ces histoires de Hutu, Tutsi et Twa ? Dans mon prochain post, je vous démontrerai, chiffres et évidence a l’appui, comment tous les burundais ont été et restent arnaqués par les fameux quotas 85% Hutus, 14% Tutsi ?

En attendant cette analyse, je vous invite à réfléchir sur ces questions cruciales:

« D’abord d’où est venu ces fameux quotas de dire que les Hutus sont 85%? Qu’est ce qui prouve que les Tutsis sont 14% et que les Hutus sont 85% bien precis? Certes lors de l’invasion coloniale, les gens de petite taille et d’un nez epaté dont l’ancetre n’avait pas de vaches etaient et restent les plus nombreux. Mais y a-t-il eu un seul recensement ethnique d’une façon objective et professionnelle? |Et d’ailleurs c’est quoi une ethnie ? Comment se fait-il que les Hutus et Tutsis parlent la même langue et ont la même culture et habitent les memes terres (Nord, Sud, Est,Ouest et Centre)? Que voulait dire être Hutu ou Tutsi du temps de l’époque coloniale ? Qui a introduit ces quotas que tout burundais éduqué et même la communauté internationale ont tendance à suivre presque religieusement ? Quelles étaient leurs intentions?, Pourquoi Arusha a evité ce calcul et est arrivé sur un quota acceptable a l’amiable de 60 40 ? Etait-ce par manque de données statistiques fiables ou pour apaiser les esprits et egos de chacun?»

Mes chers Burundais, il est fort probable qu’on s’est moqué de nous depuis bientôt un siècle ! Et hélas l’on se moque toujours de nous !
En attendant, doutons de tout, de tout vraiment ! Sauf bien sur le fait de douter !

A très bientôt !

Apprenti Pasteur

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2 réflexions sur “Quel ingrédient manque à la démocratie burundaise ?

  1. Vraiment chapeau pour votre analyse pasteur. Malheureusement twebwe ubu turiko turagenda tutanubakiye umushinge abo twavyaye.uwo nawo nuwo kubona ko twese turi abarundi kandi dutegerezwa kubuKingira abo bose bashaka kuducanishamwo baba abarundi ubwabo canke abanyamahanga ngo tugume dusubira i nyuma nkibirenge kandi dufise tous les atouts zo gutera i mbere mu kanya isase

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  2. avant meme que je lise cet article.,l’ingredient qui manque a la democratie burundaise,c’est d’eliminer de fils l’ideologie racite entre hutu et tutsi.ce n’est que cela.umusi hazoza utibanda kubwoko yaba umututsi canke umuhutu,ndababwijukuri ko igihugu kizotembera neza gushika.mugabo inyanka burundi zitwaza amacakubiri,ntizizokwemera ko bigenda uko,kuko barazi yuko atavyo boshobora.ntimubona ivya mujeri uko vyagenze?ikinyoma gikubitirwa ahashashe.nabitwaza intara sindabakuyemwo hamwe bakumira abandi ukamengo sabarundi izombwebwe.merci

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