Burundi: 87 morts dans les affrontements, selon l’armée

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Des habitants regardent le corps d’un homme tué dans le quartier de Nyakabiga, à Bujumbura, le 12 décembre 2015. Les affrontements de vendredi à Bujumbura, la capitale du Burundi, ont fait 87 morts, a annoncé l’armée.© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Le Burundi plongé dans l’extrême violence. Au lendemain des attaques coordonnées de trois camps militaires, deux dans la capitale et d’un troisième en province, l’armée sort de son silence et parle d’au moins 87 morts, dont quatre soldats et quatre policiers. A Bujumbura, des témoins sont confrontés à de véritables scènes d’horreur. Ils affirment avoir découvert des dizaines de cadavres dans les rues de la capitale.

C’est Gaspard Baratuza, le porte-parole de l’armée, qui a annoncé le dernier bilan des violences de ces deux derniers jours : 79 « rebelles » tués, 45 prisonniers et 97 armes saisies. Côté armée : huit soldats et policiers tués et 21 autres blessés. Cela fait 87 morts en tout.

Selon l’état-major, ce bilan fait suite à l’attaque de trois camps militaires à Bujumbura et dans la province de Bujumbura rural, vendredi 11 décembre à l’aube, et à la poursuite des assaillants par les forces de l’ordre. Les attaquants du camp de Ngagara se seraient repliés vers le Sud, dans le quartier de Nyakabiga, tandis que ceux du camp de Musaga se seraient dispersés dans les rues alentour.

« Les combats se sont poursuivis pendant la nuit de vendredi à samedi et les cadavres trouvés dans ces quartiers ce matin sont ceux d’ennemis », a déclaré le porte-parole de l’armée. Le colonel Gaspard Baratuza s’est enfin refusé à tout commentaire concernant les accusations d’exécutions extra-judiciaires portées par de nombreux habitants, renvoyant au texte du communiqué.

Des scènes d’horreur

Un nouveau palier semble avoir été franchi dans la violence au Burundi, un sentiment né du choc ressenti ce samedi matin lorsque des habitants des quartiers contestataires de Bujumbura ont découvert une quarantaine de cadavres de jeunes gens tués par balle jonchant les rues de deux quartiers de Bujumbura.

Malgré les déclarations de l’armée burundaise, les témoignages recueillis auprès de nombreux habitants de Nyakabiga au centre et de Musaga dans le sud sont très accablants. Les gens accusent directement les forces de l’ordre de s’être introduit dans les concessions, et d’avoir forcé les jeunes gens à sortir dehors, avant de les exécuter.

Ces témoins et des journalistes burundais qui se sont rendus sur place, décrivent des scènes d’horreur. 20 corps à Nyakabiga de jeunes presque tous tués de balles dans la tête. Les bras de l’un des cadavres étaient toujours attachés dans le dos aujourd’hui, d’autres ont le crâne fracassé, signe qu’ils ont été tués à bout portant.

Des habitants accusent les autorités de dissimuler les preuves

A la mi-journée, les habitants terrorisés avaient déjà découvert une quarantaine de corps. A Musaga, la police tirait en l’air, selon des témoins, pour les empêcher de s’approcher d’un secteur où il y avait de nombreux cadavres. Finalement, les autorités de la ville de Bujumbura ont fait enlever les corps, qui auraient été enterrés précipitamment pour éviter la propagation de maladies.

Les habitants de ces quartiers dénoncent une volonté délibérée de faire disparaître les preuves d’un « massacre », selon eux, qui aurait été perpétré par les forces de l’ordre du Burundi. La population des quartiers contestataires accuse les forces de l’ordre d’exécutions sommaires de jeunes, en particulier à Musaga et Nyakabiga. D’après un habitant de Ngagara qui souhaite garder l’anonymat, ce quartier a été relativement épargné, car certains militaires se seraient interposés. Il affirme toutefois avoir vu deux employés d’un dépôt de bière être abattus, leur magasin pillé.

« Le sentiment de la population est un sentiment de peur et d’angoisse, décrit-il. Les populations se sentent menacées. Il n’y a personne pour les protéger, comme les militaires et les policiers qui, au contraire, viennent les assassiner. Ils ont le sentiment que la communauté internationale ne fait que des déclarations. Ne vous étonnez pas si vous voyez que tout le monde meurt dans la ville de Bujumbura, parce qu’il y a un plan pour éliminer tout le monde qui vit dans ce quartier contestataire. Il suffit d’être un habitant de ce quartier pour être assimilé à un insurgé, parce qu’ils pensent que tous ceux qui y habitent sont des ennemis. » Cet habitant se sent menacé à Ngagara et souhaiterait déménager dans un quartier plus paisible, mais impossible faute de moyens.

Les autorités auraient déjà enterré plusieurs dépouilles précipitamment, officiellement pour éviter les maladies. Impossible encore pour le moment de faire un bilan des victimes et des blessés, indique Sahïn Ammane, responsable de la Croix-Rouge à Bujumbura. « Les organismes de secours et la Croix-Rouge burundaise ont pu avoir accès à ces quartiers, explique-t-il, évoquant des dizaines de blessés transportés dans des centres hospitaliers. Pour le moment, il est très difficile de donner un chiffre exact du nombre de blessés et de victimes. Tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’il y a eu ce [samedi] matin des cadavres qui ont été vus par la population. Ce que nous pouvons rappeler, c’est que ces dépouilles mortelles doivent être traitées avec le plus grand respect. Après avoir été identifiées, elles doivent être remises aux familles pour que le deuil puisse être fait. »

Le flou persiste quant au nombre exact de victimes. De nombreuses voix assurent qu’il pourrait y en avoir davantage que ce qui a été annoncé par le porte-parole de l’armée, sans pouvoir le prouver justement parce que les corps ont disparu. « Il y avait des policiers qui étaient en train de ramasser les cadavres », raconte un habitant contacté par RFI et qui souhaite garder l’anonymat. Il assure avoir aperçu « trois camionnettes de chef de zone […] pleines de cadavres couverts de couvertures [et] des policiers avec des masques. »

le 13-12-2015 à 01:54, http://www.rfi.fr/afrique

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7 réflexions sur “Burundi: 87 morts dans les affrontements, selon l’armée

  1. kurnka amahoro i burundi biratugoye,kohari uwavuze ko operation yagenze neza
    ndetse bakavugako leta yahahombeye vyinshi,ariko wewe kivumbiko ukaba uhakana
    kwatagitero cabye ubona gute?ahubwo turabe ingikwiye,gusubirinyuma umuntu akitaza
    kugira asimbe neza sibibi

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  2. ndashimye kandi ndashigikiye ivyo yavuze kivuguto,contrairement y’abarundi benshi biyumviriye ko ari aba rebelles bateye amakambi y’igisoda.ariko mwiyumvira neza muri aya mezi aheze aya mabi atanguye,ico ki robelle coshobora gutera ikambi z’igisoda 3 canke 4 à la fois ni ca hehe? « murafise amaso murabona kandi murafise amatwi murumva ». »hariho utubwa dutoya twitwa twa mujeri……. »

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  3. Ibintu bibera ahiwacu muzoze muritondera amazina mubiha,uburundi bwarinjiwe,abarundi twarinjiranwe,nta mirwi igwana yateye amakambi,abakozi bankurunziza nibo bayateye,icobakoze batumaguye amasasu kubwinshi bahejeje bamwe bose bijira ahobateye kuko abari imbere bari babarindiriye;nikimenya menya ntamuntu numwe yababonye baza canke basubira intuma.Ariko rero mugukora ivyobintu,ahri hinyegeje inyuma umugambi wo kumara imisore iri mubaterekwa ikiringo cagatatu,arinavyo mwibonera namwe arinacocatumye haringanizwa ibirori kucivugo nyamukuru:twabumaze ntankoho izosubira kuvuga.ababizi n’abasirikare babibonye none ubu tutazi irengero ryabenshi muribo,tubasabe rero ko iyo muronse inkuru,mwobandanya kuyitohozako gushika mutore ukuri ahokuri,kanatsinda murabona ko n’umuvugizi wa gisirikare atanga insiguro ataramenya neza ivyavuga,ariko rapport yimbonerakure imushikiriye ntahigimanga mukuvuga indimi zinyuranye,murabandanya mudusabira umuco kucatumye abasirikare babuzwa kwinjira mumakambi yabo hamwe nicatumye abarindani bafatwa kandi bahejeje gutsinda umwansi yarabateye,murakoze…

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  4. je suis totalement contre toi Deodorat nous qui sache ce qui arrive quant les rebelles attaque depuis les annees 1994 quant ils finissent leurs operations ils partent loin de la. ceux que les soldats et les policiens ont fait c’ est ceque les autres soldats faisaient dans les annees passes a Gihamagara, et les autres milieux. ils ne pouvaient pas s’ affronter a des rebelles mais venaient apres pour les represailles tuer et voler. ceux qui tu es entrain de soutenir ont fait de meme. Mais cela n est pas humain, c’ est un crime contre l’ humanite, c ‘est inhumain. tuer les gens de leurs familles, massacler les jeunes vous voulez exterminer le future du Burundi? Moi je dis arrete! un assassin des annees passees qu’ il soit tutsi et un assassin d aujourd’hui qu’il soit hutu tous sont des assassins. Encore je vous exhorte tous qui peuvent lire ce message, stopez de tuer vos freres et soeurs, stopez maintenant meme. souvenez vous de commandement de Dieu qui dit, Ne tue pas. c’ est honteux, les Burundais devraient avoir tirer conclusions des annees passees. je vous jure quiconque tue et pille n’ aura jamais de paix et un jours il ou elle rendra le compte de ses actes. Please stop destroying our country and our future. vous tuer directement ce qui n’ ont pas de meme avis que vous mais indirectement vous tuez vos enfants et le future des votres. comme l’ Archeveque Ruhuna l’ avais dit a Bugendana, ces assassins qu’ ils soient hutu ou tutsi, rebels ou du gouvernement qui tue so peuple suppose proteger mouront comme Cain s’ ils ne se convertissent pas. Convertissez-vous, vous avez encore de la chance.

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  5. Une fois il y a une attaque, c’est á comprendre que les gens meurent. Ce qui est très etonant est de voir que toute information qui circule parle des gens qui sont morts, et personne ne parle des attaques qui sont survenues et qui sont à la base de ces tueries. Tu attaques et une fois tu réussis tu tues les autres. Mais au cas de l’echeque on te tue. Où sont allés ceux qui ont attaqué? Certains sont tués, les autres sont capturés et d’autres ont pu echaper.
    Il n’y a nule part dans le monde où la guerre a été la solution aux problèmes.
    Abarundi basubize inkota mu rwubati bubake igihugu ivyo intambara babivemwo. Abakokeza bavuga ngo il n’y a pas de victoire sans prix, ariko ikibi kirimwo ni yuko le prix est entrain d’être payé par les enfants des autres lorsque leurs enfants suivent les cours dans de bonnes écoles en Europe, aux Etats Unis et autres.
    Reka urwo rwaruka rubeho. Je suis d’être tenté de penser que certains parmi nous n’ont pas été afectés par les tuéries du passé, comme ça, une fois tout le monde sera touché, abantu bazoca bahagarika intambara. Si non, nta bantu bafise umutima n’ubwenge boshobora gushigikira intambara, bitari uko naho, nta mutima bagira, nta n’urukundo ruri muri bo.

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    • Nukuri igihugu cuburindi kirakwiye kugarigigwa ikindi abarundi cane cane urwaruka mukwiye kumenya ko igihugu cacu kitararonka abaregetsi bagikunda canke bakbunda abarundi mukanure rero twige gukina politik yibwikorwa nuguteza imbere abarundi kandi mumenye wewe Ifuye uhomvye ni Mama nabo muvukana ntiwibagireko hirya yejo tuzokwama dutwagwa nabategetsi bakoze ibibi vyishi batwara habanje Kuba ikigongwe cikivunga twige benewacu tureke abaduteza amacakubiri kugira tuze twakureko abafise mumutwe ko bazotwara baba nje gucanisha mwo abarundi ndabemereye rwaruka ko tuzobigerako nitwima amatwi abategetsi nkaba dusabire uburundi imana iburinde ntere akamo abategetsi bose baba abatwara leta canke abari hanze boba batuma urwaruka rurwa ruhagwa ko tuzobababaza ico bamaze nabonye vyishi numvise vyishi kuva Aho ngeza 1993 nabandi bose tungana mumenye ko muzosigurira abana banyu iyo umuhutu yavuy canke umututsi iyo yavuye kanura rero nciti bavukanyi Tumenye neza abapoliticien dufise abaribo murakoze imana izigame uburundi nabarundi

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