De qui la communauté internationale se moque-t-elle ?

APPEL  AU DIALOGUE AU BURUNDI :
De qui la communauté internationale se moque-t-elle ?

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http://i1.wp.com/lepays.bf/wp-content/uploads/2015/12/burundi-955px.jpg?resize=660%2C330Dans la descente du Burundi aux enfers, déclenchée par le mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza, le temps ne se mesure plus qu’en nombre de cadavres. L’écho des crépitements d’armes, renvoyé par les collines de Bujumbura, semble avoir sonné le réveil de la Communauté internationale qui reste cependant caractérisée par les contradictions depuis le début de cette crise. Alors que l’Union européenne (UE) s’accroche à son dialogue inclusif entre  une opposition martyrisée et son bourreau sorti tout droit des abîmes apocalyptiques, l’Union Africaine (UA), elle, souffle dans sa musette favorite : le manque de moyens. Et pourtant, l’UE se dit prête à casquer la bagatelle de 2,5 millions de dollars US réclamée par le médiateur Joweri Museveni.

Le médiateur choisi par la Communauté internationale n’a pas l’étoffe d’un faiseur de paix

Cet entêtement de la Communauté internationale à prôner le dialogue semble relever de la myopie, dans un contexte où tous les panneaux de signalisation indiquent  clairement une voie sans issue.

Primo, quelles sont, en effet, les chances d’aboutissement d’un dialogue qui s’annonce avec des sujets tabous comme la non-remise en cause du mandat de Nkurunziza obtenu en violation de toutes les dispositions constitutionnelles au Burundi ? Et même si le miracle se produisait sur les rives du Lac Victoria comme autrefois sur celles du lac Tibériade et que les acteurs politiques parvenaient à des accords, le Burundi s’installerait dans un cercle vicieux. On partirait des accords d’Arusha malmenés par Nkurunziza pour peut-être y revenir sous une autre forme, après un parcours onéreux et jonché de cadavres.

Secundo, le médiateur choisi par la Communauté internationale, loin d’être crédible, n’a pas l’étoffe d’un faiseur de paix. Evoluant aux antipodes de la démocratie, Yoweri Museveni est l’antithèse des aspirations du peuple burundais en lutte contre la dictature de Nkurunziza. Les caractéristiques de dictateur qu’il partage avec Nkurunziza et leur commune appartenance aux syndicats de chefs d’Etats que sont l’UA et l’EAC, font douter de son impartialité.  Il n’a donc pas d’autorité morale pour contraindre les protagonistes de la crise à la paix.

Enfin, tertio, le dialogue ne saurait remplacer la Constitution qui définit le contrat social et politique au Burundi. Il ne peut y avoir de solution durable à l’équation burundaise si l’on ne revient pas au socle de la loi fondamentale. En fait, l’apologie de ce dialogue, manifestement improductif, faite par les Occidentaux, prouve qu’ils se gaussent de la démocratie des nègres. Jacques Chirac qui affirmait que la démocratie était un luxe pour les Africains, disait tout haut ce que beaucoup d’Occidentaux pensent tout bas.

Seules les richesses du continent africain qui font, depuis la nuit des temps, l’objet de leurs convoitises, restent au centre de leurs intérêts  et leur prosélytisme démocratique ne vise que de précaires échafaudages pour créer la stabilité nécessaire à leur exploitation. Les idéaux de liberté et d’égalité qui sous-tendent leur discours sur la démocratie, n’est qu’un marchepied vers les immenses richesses de l’Afrique.

Les 2,5 millions de dollars mis sur la table pour financer le dialogue inter-burundais, s’apparentent à un capital dont les bénéfices sur investissement motivent plus l’UE que les aspirations du peuple burundais. En plus de répéter l’immuable schéma mental des  Européens depuis la Traite négrière où la simple pacotille suffisait à des chefaillons pour livrer leurs frères aux négriers, cette somme traduit la vaste hypocrisie orchestrée par la communauté internationale pour ne pas heurter les consciences, manipulant ainsi à dessein le spectre du génocide.

Le dialogue prôné n’est qu’une stratégie de diversion

Les effets induits de cette hypocrisie en espèces sonnantes et trébuchantes,  en plus de renforcer le satrape de Nkurunziza en faisant jouer le temps en sa faveur par d’interminables palabres, enrichissent des dictateurs comme Museveni qui ne se fera pas de scrupules pour puiser dans la cagnotte.

Pire, cette hypocrisie peut entraîner la prolifération sur le continent, de conflits monnayables. Quant à l’UA, elle ne fait pas mieux  face  au drame fratricide burundais. Masquant son incapacité derrière le manque de moyens, elle cache mal son manque de volonté politique. Comme si elle renonçait à la souveraineté du continent qu’elle clame à cor et à cri. Encore que dans le cas burundais, elle dispose de solutions où elle n’a nullement besoin de casser la tirelire pour produire des résultats.

Les démocrates du continent n’attendent d’elle qu’elle décide de l’isolement diplomatique de Nkurunziza et qu’elle vote à son encontre de véritables sanctions économiques qui puissent le faire plier. Mais avec Robert Mugabe comme chef de file, ce n’est certainement pas demain la veille. Le dialogue prôné n’est qu’une stratégie de diversion mise en place par une Communauté internationale qui s’est faite l’alliée de Nkurunziza contre le peuple burundais. Et tout laisse croire donc que la solution à cette crise ne viendra ni de l’UE qui ne se meut qu’au tintement de ses intérêts,  ni de l’UA, apathique du fait de son manque de volonté.

« Le Pays »

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4 réflexions sur “De qui la communauté internationale se moque-t-elle ?

  1. Aha ga sha Senguge wokwemeza ko ubwo bwenge wewe ufise kwaribwo bwenge ndenzarugera? Mwana wa mama nagomba kugukebura! Ntukizigire umwicanyi kuko umwicanyi ntagire ubwoko! Ivyo narabibonye muri 1993 aho tumaze kuva mumagume aba sans échecs bahavuye birara mubanyagihugu bagatangura kwambura abantu ivyo bambaye canke bafise kunguvu!!! Rindira kuko buraca bugacana ayandi kuko aho bukera bazohindukiriza kuri wewe. Urashobora kuba urikumwe nabo, mugabo aho nokumenyesha yuko nanabonye abasuma nabicanyi bahindukirizanyako ibisu n’inkoho bagatangura gusubiranamwo. Nawe rero uragaba kuko ngo « Ruriye abandi rutakwibagiye »! Garuka mu ruhongore kuko sinemera ko hari ikiremwa c’ IKIVUME!  » Vaut mieux tard que jamais » !

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  2. Pourquoi encore et toujours Museveni? Celui a qui cette mission de médiation a été confié depuis 6 mois et qui n’a jamais accordé d’mportance à la gravité de la situation! Depuis Juillet, Museveni fait mine de ne pas avoir du temps pour le problème burundais alors tout le monde ne parle que de lui comme médiateur. Il s’était rendu au Burundi au tout début avant même que Nkurunziza ne se fasse élire contre l’avis de tous et contre la constitution et les accords d’Arusha. Le seul résultat de ce voyage fut l’élection invalide de Nkurunziza.
    Museveni n’accorde aucune importance ni aucune valeur au Burundi et à ce qui s’y passe. C’est vraiment le dernier de ses soucis. Et surtout, loin de lui l’envie de nuire au pouvoir de Nkurunziza en faveur de l’opposition. Pourquoi? Parce qu’il sait que ce pouvoir est illégal et illégitime et que ce ne doit pas être la légalité et la légitimité qui doivent avoir raison contre le pouvoir et la force dans la région. Il conseillerait d’ailleurs à Nkurunziza de tenir bon et qu’en aucun cas il ne doit servir d’exemple pour les peuples de la région de ce qui est arrivé au Burkina. D’où son peu d’empressement et les conditions financières exigées.
    Comme bien vu dans cet article, Museveni n’est pas un homme crédible. C’est plutôt un rapace qui ne voit qu’une chose: son pouvoir. L’opposition Burundaise devrait refuser d’emblée la médiation de Museveni surtout après la manière dont il l’a menée la première fois avec zéro résultat. On aurait dit qu’il est juste passé à Bujumbura pour conseiller Nkuruniza sur la manière de s’en sortir. Il serait dupe d’ignorer que le téléphone fonctionne bien entre eux.
    Comment n’a-t-on pensé à Koffi Anan ou à Jerry Rawllings ou encore à Alpha Omar Konaré ou à Joaquim Chissano pour une telle médiation, au lieu d’un président en exercice qui bat sa énième campagne contre ses opposants et lui demander de régler un conflit autour d’un troisième mandat? Comment raisonnent les décideurs de monde? Pendant que Nkurunziza extermine la jeunesse et terrorise le peuple, on attend, avec des dollars plein les mains, que Museveni termine sa sieste afin de le supplier de bien vouloir faire un peu plus vite d’aller demander à Nkurunziza d’épargner au moins les femmes et les vieillards. Que dira-t-il à l’opposition d’autre que de déposer les armes et de respecter le président déjà élu. Les accords, on peut en faire d’autres et la vie continue!

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  3. IBI VYOSE BIRIKO BIRABA NI INKURIKIZI Z’URUPFU RWA NDADAYE, IYO MUTAMUGANDAGURA NTANKIBI TUBA TURIMWO, KANDI IGIHUGU KIBABA CARATEYIMBERE. AHANTU GA NTUZE YARI YEMEYE KUZA GUTWARA IGIHUGU ATAGISODA AFISE, AKIZERA IGISODA KIHASANZWE ATI NI ICIGIHUGU SI ICUBWOKO?????? SHA NDADAYE YARI UMUMALAYIKA NDAKE!!!!!! ARIKO NTAKIBERA UBUSA MWARADUCISHIJE UBWENGE IYO MUTATURUNGIKA MW’ISHAMBA GUCA IMPAMYABUSHOBOZI N’UBU NTITUBA TURAKANURA. CNDD-FDD NAYO IGIZE NGO IRATWIBAGIJE KAHISE KABI MUKUTUNYWANISHA ABAHUTU NABATSI, NONE RABA INGENE MWONGEYE KUDUKEBURA!!!!!!! HAMA NGO MURACIYUBWENGE!!!!!!

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