Le président du Burundi mis sous pression pour le dialogue avec l’UA

https://i1.wp.com/static1.7sur7.be/static/photo/2015/18/11/13/20151223143831/media_xll_8264068.jpgLa pression s’accentuait mercredi sur le président burundais Pierre Nkurunziza pour qu’il accepte de négocier avec l’opposition en Ouganda la semaine prochaine et qu’il approuve le déploiement au Burundi d’une mission de paix africaine.

Le dialogue politique inter-burundais doit reprendre à Kampala le 28 décembre sous l’égide du président ougandais Yoweri Museveni, médiateur désigné par les Etats de l’Afrique de l’est, a confirmé à l’AFP Crispus Kiyonga, le ministre ougandais de la Défense.

Ces discussions auront lieu dans le palais présidentiel à Entebbe, à une trentaine de kilomètres de Kampala. « Il y a 14 groupes, dont le parti au pouvoir, les partis d’opposition et la société civile qui seront là », a déclaré M. Kiyonga, sans pouvoir dire si M. Nkurunziza serait présent.

Le Cnared, coalition de tous les groupes qui rejettent le troisième mandat de M. Nkurunziza, soit à la fois l’opposition politique et la société civile, toutes deux désormais essentiellement en exil, a indiqué mercredi dans un communiqué avoir « été invité » à ces négociations.

Refus de négocier
Le gouvernement burundais n’a pas réagi à cette annonce. Il a toujours refusé jusqu’ici de discuter avec le Cnared, accusant ses membres d’être impliqués dans la tentative de coup d’Etat militaire des 13 et 14 mai et d’être derrière la rébellion naissante au Burundi.

Un premier round de discussions n’avait rien donné, la partie gouvernementale ayant décidé de se retirer du dialogue, deux jours avant la présidentielle contestée de juillet qui avait débouché sur la réélection de M. Nkurunziza.

L’UA fait pression
L’Union africaine (UA) est en contact permanent avec les chefs d’état est-africains pour les amener à faire pression sur M. Nkurunziza, afin qu’il accepte d’aller aux négociations, mais aussi pour qu’il change d’avis par rapport à la mission de paix africaine au Burundi, a indiqué une source au sein de l’UA à l’AFP.

L’UA a annoncé en fin de semaine passée le déploiement d’une Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), forte de 5.000 hommes et pour une durée de six mois renouvelables.

Mais le gouvernement burundais en a rapidement rejeté le principe et prévenu que si l’UA devait mener à bien ce déploiement sans son aval, cette mission serait alors considérée comme une « force d’invasion et d’occupation ».

En Tanzanie, frontalière avec le Burundi et qui abrite le troisième plus grand camp de réfugiés au monde, Nyarugusu, avec environ 110.000 Burundais, le président John Magufuli a appelé au « dialogue » et précisé que la question de la mission de paix africaine au Burundi serait un élément clé des négociations en Ouganda.

Le président kényan Uhuru Kenyatta a dépêché cette semaine un envoyé auprès de M. Nkurunziza, auquel il a fait passer un message condamnant « l’usage de la violence dans la poursuite d’objectifs politiques », et soutenant les discussions en Ouganda.

Le Rwanda prend ses distances
Le président rwandais Paul Kagame a pour sa part écarté toute participation de troupes rwandaises à la mission de l’UA au Burundi. Mais il a affirmé qu’il essaierait de contribuer « sous une autre forme », sans préciser laquelle.

Les relations entre le Rwanda et le Burundi sont au plus bas, Bujumbura accusant Kigali de mettre sur pied une rébellion en recrutant dans les camps de réfugiés burundais sur son sol. Selon la même source au sein de l’Union africaine, les pourparlers entre le pouvoir burundais et l’opposition devraient ensuite « se poursuivre à Arusha en Tanzanie », ce qui serait « un message fort car Arusha est le symbole du retour à paix au Burundi ».

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril de M. Nkurunziza à un troisième mandat, que l’opposition, la société civile et une partie de son camp jugent contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006) entre l’armée dominée alors par la minorité tutsi et des rébellions hutu.

La mise en échec du coup d’Etat en mai, la répression brutale de six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura à la mi-juin et la réélection de M. Nkurunziza lors d’un scrutin controversé à la mi-juillet n’ont pas empêché l’intensification des violences, désormais armées.

Belga, 23/12/15 – 14h40, http://www.7sur7.be

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