Burundi: les proches de disparus demandent une enquête indépendante

https://i1.wp.com/scd.rfi.fr/sites/filesrfi/dynimagecache/0/95/2611/1475/1024/578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/000_6F1H0_0.jpgAu Burundi, quinze jours après les attaques contre des camps militaires et la répression sanglante du 11 décembre dernier à Bujumbura, des familles se disent toujours sans nouvelles de leurs proches. A l’époque, le porte-parole de l’armée avait parlé de « 79 ennemis tués et 45 faits prisonniers ». Des organisations locales et internationales de défense des droits de l’homme avaient évoqué un bilan plus lourd, et notamment la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) qui avait, en guise de bilan provisoire, évoqué 154 morts et environ 150 jeunes portés disparus.

Si beaucoup de familles et notamment des mères, à la fois en colère et effrayées, se refusent aujourd’hui à témoigner, estimant que cela ne leur ramènera pas leurs enfants et risquerait de les mettre en danger, d’autres en appellent à la communauté internationale, lui demandant de mener une enquête indépendante pour leur permettre de connaître la vérité et d’enterrer leurs morts.

Depuis le 11 décembre, ce jeune homme dit avoir cherché partout son cousin, âgé de 17 ans. Des témoins lui ont assuré qu’il avait été arrêté dans leur quartier, à Musaga : « Il a été embarqué par la police dès le lendemain. On a fait le tour des cellules de la police. On est même allé voir à la documentation. Jusqu’à maintenant, on n’a aucune nouvelle de lui. On croit vraiment qu’il est déjà mort. Il n’avait pas participé aux manifestations. Il n’était pas concerné par tout cela. Il avait 17 ans. Il n’a vraiment rien à voir, vraiment ! On croit qu’ils l’ont pris et tué ailleurs, et qu’on ne retrouvera jamais son corps. »

Autre quartier, celui de Ngagara, cet homme dit d’être sûr et certain que son frère a été tué par des militaires. Il a découvert le lendemain des traces de sang qui, dit-il, avec encore beaucoup d’émotion, ne lui laissent que peu de doute : « Après avoir appris qu’il est mort, on a entendu qu’on a pris les corps et on les a enterrés dans des fosses communes. Je demande à la communauté internationale de faire une enquête indépendante parce que, dans notre pays, une justice indépendante, il n’y en a pas. Il n’y a pas d’enquête. Le pouvoir en place aujourd’hui a tendance à cacher les choses. »

Pour le ministre burundais des Droits de l’homme, Martin Nivyabandi, la population devrait se méfier de ces informations faisant état de l’existence de fosses communes. Il dénonce la propagation de fausses photos sur les réseaux sociaux, et il encourage les familles à se présenter à son ministère pour déclarer la disparition de leurs proches et faciliter les enquêtes.

Répression du 11 décembre : un proche de disparus témoigne
(
27-12-2015 – Par Sonia Rolley)

RFI a rencontré un proche de disparus. Celui-ci pense que son frère et son collègue de travail ont été exécutés par les forces de sécurité le 11 décembre dernier.

RFI : Comment vous-êtes vous rendu compte de la mort de votre frère et de votre colègue ?

Le samedi, je me suis rendu sur le terrain. J’ai vu le reste du sang, là où ils ont été tués. Jusqu’à maintenant, on n’a pas encore vu leurs corps. C’est très très dur. Je ne parviens pas comment dire ça, c’est trop dur.

Pourquoi est-ce qu’ils ont pris les corps ?

Moi, ce que je comprends, c’était juste pour cacher les traces parce que ce jour-là, ils ont tué beaucoup de gens.

Mais votre frère était insurgé ? Parce que les autorités disent que tous les membres sont des insurgés…

Non, il n’était pas insurgé et il a été tué sur le lieu même du travail. C’est trop dur parce que jusqu’à maintenant, les autorités n’ont rien fait. Elles n’ont même pas l’envie de le faire, quand on essaie de voir.

Pourquoi est-ce grave de ne pas pouvoir enterrer son proche ?

C’est très grave parce que si on enterre quelqu’un, on est sûr d’abord qu’il est mort, puis, on lui rend l’honneur qu’il a, puis on pleure et c’est fini ! Donc ça sort directement de la tête. Mais pour le moment, il y a par exemple ma mère qui reste, qui est là, et qui attend toujours son fils qui va revenir.

le 27-12-2015 à 08:45, http://www.rfi.fr/afrique

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6 réflexions sur “Burundi: les proches de disparus demandent une enquête indépendante

  1. La communauté internationale n’existe pas en réalité. Il y a des burundais qui ont demandé cette même communauté il y a longtemps de les aider à faire les enquêtes des leurs disparus en 1972 mais il ny a jamais eu de reaction.peut-être que maintenant il y aura quelques reactions. Attendons voir

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    • En 1972 c’est jadis, en 1988 à ntega-marangara, 1991 à Bujumbura et ses alentours et 1994-1995 dans les quartiers du nordiques de Bujumbura il y avait pire.
      Je pense que Nkurunziza deviendra héros de l’impunité car s’il va à La Haye ses compagnons seront les criminels qui lui ont précédé et s’est sans doute de ces derniers qu’il a appris.

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  2. Je vais dire à ce sanguinère qui se fait passer par le nom de Burundi que la vérité sur la mort des jeunes de Nyakabiga finira par appaître malgré toutes les manipulations dd.

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  3. Pfundikanya ivyo mupfundikanya yamara ntibikunda. Mfise abagenzi mu Nyakabiga, mfiseyo n’abagenzi bafiseyo incuti nyishi, ariko abo twabajije Bose bavuga ko ari vyo ko hari abantu bapfuye ariko ko ata muntu n’umwe mu Nyakabiga arababwira ko yabuze uwiwe. Vyumvikana ko raporo igisirikare catanze ari yo kuko abateye ariyo bahungiye, ni ukuvuga ko abapfuye ari bo bateye namwe mukagomba kubikoresha muvuga ko hari kuba jenoside. Nobahanura iyo ngendo muyireke kuko intambara muri gutera ntayo muzogwana ngo muyitsinde, kandi n’ibiganiro bigiye gutangura ntakizovamwo kiborohereza ntimwihende.

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    • Mbega nta jambo ryiza rishobora gusohoka mu kanwa kawe? Mbega abo bagenzi bawe bagize enquêtes ryari? Ndasavye abakuzi kandi bemera Imana ko bogusabira kugira ngo uwo mutima wawe wadadaye nk’ibuye, uhinduke usubire kuba umutima w’ikiremwa muntu.

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  4. Pas de commentaires raisonnables, j’espère tout simplement que tout cela permettra de mettre la lumière sur toute disparition de gens arbitrée par le pouvoir et faîte par les forces de l’ordre; je citerais par exemple le cas de 91 lors d’attaque des palipehutu dans la ville de Bujumbura où jesuis témoin oculaire de tueries à coup de masse sur le coeur après que les victimes aient été remplis du coton dans la bouche afin d’enfermer en eux le son de leurs cris. C’était au BAR.

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