Qui a exécuté le Sous-lieutenant Hermès Nduwingoma ? (par Pacifique Nininahazwe)

Ss Lt NDUWIGOMAQui a exécuté le Sous-lieutenant Hermès Nduwingoma ? Quand aura-t-il droit à son repos? Parcours étrange et rocambolesque d’un cadavre.

Étudiant en médecine à l’Université du Burundi, le Sous-Lieutenant Nduwingoma a été blessé à l’œil au cours de l’attaque de l’ISCAM (l’Académie des officiers militaires du Burundi) dans la matinée du vendredi 11 décembre 2015. Accompagné de son ami le Sous-Lieutenant Clovis Habineza, Hermès s’est rendu dans la mi-journée à la Clinique Saint Jean de Kinanira pour des soins, après autorisation de l’officier de garde. Ils ont trouvé la clinique fermée. Sur le chemin du retour, les deux amis sont arrêtés par des policiers de la position à l’école New School qui les prennent pour des rebelles. Ils déclinent leur identité et une bruyante discussion s’en suit.

Attiré par ce bruit, un officier militaire habitant tout près de la position se propose d’évacuer les deux jeunes officiers à l’hôpital militaire, non sans avoir cherché un véhicule au sein de l’ISCAM mais en vain. En cours de route, un véhicule du Service National de Renseignement leur barre la route. Des éléments du SNR et de la Police militaire réclament les deux jeunes hommes. Après un moment de discussion, les deux hommes sont embarqués dans le véhicule du SNR. La suite n’est pas connue.

Samedi matin 12 décembre 2015, le corps sans vie du Sous-Lieutenant Hermès Nduwingoma se trouve parmi les cadavres dans les rues de Nyakabiga. Difficile de comprendre comment un officier arrêté vendredi à Kinanira se retrouve parmi des corps sans vie samedi matin à Nyakabiga.

Ce n’est pas tout. La police enlève les cadavres. Alertée, la famille se met à la recherche du cadavre de Hermes dans les différentes morgues de Bujumbura : hôpital militaire, Kira Hospital, Roi Khaled, Prince Régent Charles, etc. Le corps du sous-lieutenant est introuvable. A bout, la famille s’adresse au Commandant de l’ISCAM mardi le 16 décembre. Celui-ci promet de suivre le cas et de leur donner la suite dans deux jours. Vendredi, aucune réponse ne parvient à la famille. Samedi 19 décembre, la famille se remet à rechercher dans les morgues.

Curieusement, le corps décomposé, difficilement identifiable, se trouve bel et bien à la morgue de l’hôpital Roi Khaled avec une étiquette mentionnant clairement le nom du sous-lieutenant assassiné. Un responsable de la morgue indiquera que le corps aurait été amené par le chef de zone Bwiza avec un certificat de décès anonyme et des étudiants de l’ISCAM seraient passés pour identification. D’où est venu ce corps? Quand a-t-il été déposé au Roi Khaled. Pourquoi ce corps était-il en décomposition alors que la police l’avait enlevé samedi matin à Nyakabiga dans un état normal. Est-ce un corps déterré d’une fosse commune comme une certaine opinion le dit? Mais déterré par qui et où? Le mystère reste entier.

Les malheurs d’Hermès ne s’arrêtent pas là. Le même samedi, la famille contacte de nouveau le commandant de l’ISCAM pour discuter des modalités d’enterrement. Ils s’entendent sur la date du jeudi 24 décembre pour les funérailles du jeune officier. A sa grande surprise, la famille apprend mardi 22 décembre que les funérailles sont reportées pour enquête préalable. Une commission serait à l’oeuvre. A ce jour, plus de deux semaines après son exécution, Hermès Nduwingoma n’a pas encore connu son repos. Sa famille souffre et craint de débuter le nouvel an avec un cadavre non enterré depuis trois semaines.

Beaucoup de familles n’ont pas retrouvé les cadavres des leurs après le Massacre . Des informations font état de l’existence de plusieurs fosses communes. Les familles réclament les corps des leurs pour les enterrer dignement, mais il n’ y a personne pour fournir des réponses. Des officiels (y compris des cadres au Cabinet de Nkurunziza) disent tout simplement que des corps non réclamés ont été enterrés par l’autorité. Mais quand et où ?

par Pacifique Nininahazwe via son compte facebook

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2 réflexions sur “Qui a exécuté le Sous-lieutenant Hermès Nduwingoma ? (par Pacifique Nininahazwe)

  1. S’il a été de mêche avec les insurgés qui ont attaqué les camps militaires, je ne vois pas pourquoi le pleurer. Par ailleurs, on sait que les assaillants, en débandade, se sont repliés entre autres à Nyakabiga, Kinanira et à Jabe, après leurs forfaits.

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