Burundi: au moins un mort et une dizaine de blessés dans l’explosion de grenades

Attaque rebelle 01012016 145622Au moins une personne a été tuée et une dizaine d’autres blessées par l’explosion de grenades dans plusieurs incidents distincts à Bujumbura, la capitale du Burundi, dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris de sources policière et administrative.

Il s’agit des premiers incidents de cette envergure depuis les attaques contre trois camps militaires le 11 décembre, qui avaient fait 87 morts selon un bilan officiel.

Dans le quartier de Buyenzi, au centre de Bujumbura, « une grenade a été lancée dans un bar de boissons locales vers 22h00 » faisant 10 blessés, a déclaré à l’AFP Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police.

Un des blessés a succombé à ses blessures, a assuré une source administrative locale ayant requis l’anonymat, qui a précisé que le bar visé était fréquenté essentiellement par des membres du CNDD-FDD, le parti au pouvoir au Burundi.

Une autre grenade a explosé dans le quartier contestataire de Mutakura, dans le nord-ouest de Bujumbura, blessant deux agents de gardiennage, et une troisième a blessé un policier à Nyakabiga, un autre quartier protestataire du centre de la capitale, a ajouté M. Nkurikiye.

Des témoignages recueillis auprès d’habitants de Bujumbura assurent que des tirs et des explosions de grenade ont été entendus pendant plus d’une heure dans des quartiers du nord (Mutakura, Cibitoke et Kinama), du centre (Nyakabiga et Rohero II) et dans le sud (Musaga et Kanyosha).

« Des enquêtes sont en cours pour déterminer si ces incidents sont liés aux criminels armés qui sévissaient il y a quelques temps », a réagi le porte-parole de la police, affirmant que « depuis le 11 décembre, le calme est revenu à Bujumbura et les forces de l’ordre sont prêtes à faire face à toute éventualité. »

Des insurgés armés avaient attaqué le 11 décembre trois camps militaires à Bujumbura et en province, déclenchant les affrontements les plus intenses au Burundi depuis une tentative de coup d’Etat militaire en mai.

Ces combats et les opérations de ratissage qui avaient suivi ont fait officiellement 87 morts, mais des ONG et l’ONU évoquent un bilan « bien plus élevé », dénonçant des exécutions extra-judiciaires.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril du président Pierre Nkurunziza – réélu en juillet – à un troisième mandat, que l’opposition, la société civile et une partie de son camp jugent contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile (1993-2006).

Les violences ont déjà fait plusieurs centaines de morts et poussé plus de 200.000 personnes à quitter le pays, selon l’ONU.

le vendredi 01 janvier 2016 à 14h02, http://www.lalibre.be

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