Burundi : Pierre Nkurunziza de plus en plus fragilisée

21012016 104249La position de Pierre Nkurunziza à la tête du Burundi semble de plus en plus fragilisée, notamment depuis l’attaque de casernes par des rebelles à Bujumbura le 11 décembre dernier et les terribles épisodes de violence qui ont suivi. Pourtant le président continu de s’accrocher au pouvoir avec l’aide de soutiens qui lui sont toujours fidèles, même si leur nombre se réduit au fils des jours.

2016 sera sans aucun doute une année primordiale pour Pierre Nkurunziza, tant les actes de contestation n’ont pas cessé de se multiplier ces derniers mois, que ce soit à l’intérieur du pays ou au sein des instances internationales. Mais si le président burundais n’est pas prêt d’abdiquer, pouvant encore compter sur des soutiens, là aussi nationaux et internationaux, ces derniers commencent à se faire rares.

L’appui de la police et de la milice

Depuis sa décision de passer outre la constitution et de briguer un troisième mandat, Pierre Nkurunziza subit des vagues de contestation, bien souvent réprimées dans la violence. pour faire régner l’ordre, le pouvoir politique en place s’appuie avant tout sur la police, les Imbonerakure, une milice constituée de partisans du président et la jeunesse du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD).

Présents pour orchestrer les arrestations arbitraires et les exécutions sommaires, ces forces encore fidèles au chef de l’État, contrôlent également les médias du pays. Le CNDD-FDD, purgé des éléments hostiles au président, cherche à occuper le terrain en étant un instrument de propagande. Son président, Pascal Nyabenda, a d’ailleurs rappelé en fin d’année 2015 que le Burundi était « un pays en paix ». Un aveuglement duquel l’armée commence à se désolidariser.

Même après la suppression des éléments les plus perturbateurs au sein des effectifs, les cas de désertion restent en effet nombreux. Plusieurs groupes se seraient formés et seraient même passés à l’action, comme en témoigne l’attaque des casernes du 11 décembre, lors de laquelle selon plusieurs spécialistes, les assaillants auraient reçu un entraînement militaire, possiblement dans l’armée. Cela pourrait s’expliquer par la composition multiethnique de l’armée au Burundi qui ne supporterait plus la mise à l’écart des Tutsis.

La pression internationale de plus en plus forte

Au delà des frontières, Pierre Nkurunziza pouvait se prévaloir de soutien, que ce soit sur le continent africain et plus largement au sein de la communauté internationale. Cette dernière était très divisée sur le sujet, notamment sur les moyens d’actions à employer, ce qui avait pour conséquence une inaction généralisée. Mais depuis quelques temps, la prise de conscience s’opère.

Ainsi, même la Russie et la Chine, qui rechignaient à intervenir de quelque façon que ce soit dans le dossier, semblent désormais hésiter à poser leur veto au Conseil de sécurité des Nations-Unies (ONU). Sur le continent, la situation politique et sociale du pays est telle que les pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) n’ont pas d’autres choix que de s’accorder. Le Rwanda, mais surtout la Tanzanie, principal soutien au pouvoir en place, se montrent de plus en plus réservés.

En attendant un éventuel déploiement d’un contingent militaire de la part de l’Union Africaine (UA), certains pays ont déjà pris des sanctions. C’est le cas des États-Unis et de l’Union Européenne (UE) qui, en fin d’année, ont gelé les avoirs de quatre responsables burundais, tous proches du président. Un message clair en direction de tous les autres soutiens du chef de l’État.

 

20 janv. 2016, Par Eric M, https://blogs.mediapart.fr/

 

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2 réflexions sur “Burundi : Pierre Nkurunziza de plus en plus fragilisée

  1. Nkurumbi fragilisé? Non non, vous vous trompez car je vois que c’est nous les contestataires qui sommes entraîn de perdre les plumes à cause du manque de coordination? Chacun veut devenir Président, ministre, député alors que ce n’est pas possible. En paroles nous battons Nkurumbi mais en actes il va finir par nous vaincre car il n’y a pas d’amour de la patrie dans les coeurs de ceux qui se disent leaders de l’opposition. Qu’on l’accepte ou non notre guerre devient de plus en plus impopulaire car nous avons échoué à nous fixer nos objectifs. Honte au CNARED et aux autres organisations qui continuent à nous tromper, notre aang est aussi précieux que le vôtre messieurs.

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