Qui sont les membres des mouvements armés rebelles au Burundi ?

https://i0.wp.com/dansanphoto.com/wp-content/uploads/2015/05/2008_PORTRAIT_ALEXIS_SINDUHIJE_101.jpgAlors que les autorités burundaises interdisent toute manifestation des opposants au troisième mandat du président Nkurunziza, c’est une manifestation de plusieurs centaines de personnes opposées à toute « interférence dans les affaires burundaises » qui a accueilli, jeudi, la mission du Conseil de sécurité de l’Onu à Bujumbura. Celle-ci veut convaincre le chef d’Etat burundais de dialoguer avec son opposition et d’accepter le déploiement d’une force africaine. Le régime assure que « la paix règne » au Burundi.

Deux mouvements armés

La nuit de jeudi à vendredi a, une nouvelle fois, été marquée par des coups de feu – revendiqués par le mouvement armé rebelle constitué en décembre dernier, les Forces républicaines du Burundi (Forebu).

Quelques heures auparavant, ce dernier avait annoncé qu’il avait placé à sa tête le général Godefroid Niyombaré, qui dirigeait le putsch raté de mai 2015. Ce putsch comprenait des officiers et troupes hutus et tutsis. L’armée nationale était, jusqu’au putsch, composée de 50 % de Hutus et 50 % de Tutsis, conformément aux accords d’Arusha qui ont mis fin à la guerre civile (1993-2005). Depuis lors, une épuration a eu lieu en son sein, visant particulièrement les Tutsis, ainsi que de nombreuses défections.

Issu de l’ex-guérilla hutue CNDD-FDD – aujourd’hui le parti présidentiel – et ancien compagnon de lutte du chef de l’Etat, le général Niyombaré fut le premier chef d’état-major hutu de l’armée burundaise (2006-2012), avant de devenir le principal conseiller à la Sécurité du président Nkurunziza, puis ambassadeur à Nairobi (2014) et chef du Service national de renseignement (2014-2015). Il fut limogé pour avoir conseillé au chef de l’Etat de ne pas se présenter à un troisième mandat, interdit par les accords de paix d’Arusha.

Un autre groupe armé a cependant fait surface depuis lors, la Résistance pour un Etat de droit au Burundi (RED-Tabara). Qu’est-ce qui différencie les deux groupes ?

Militaires et civils

Pour le savoir, nous avons interrogé Alexis Sinduhije, dirigeant en exil du parti MSD (Mouvement pour la Solidarité et le Développement). Ce dernier est accusé par les autorités de s’être armé, ce que nie notre interlocuteur : « Ce qui se passe, c’est que, comme nous sommes un parti comptant beaucoup de jeunes dans ses membres, un certain nombre d’entre eux ont rejoint les groupes armés – en nous traitant de couards. »

Selon M. Sinduhije, « comme dans tout mouvement armé, il y a un conflit entre les militaires professionnels – particulièrement nombreux dans le cas présent – et les résistants civils, novices dans la lutte militaire. Les armes ont été amenées par les militaires qui ont quitté l’armée » à cause de leur opposition au troisième mandat, de leur refus de devoir tirer sur des civils désarmés, de leur implication dans le putsch raté ou de leur rejet du rôle grandissant de la milice armée du parti présidentiel, les Imbonerakure. « Et ce sont les militaires qui forment les novices et les organisent » , poursuit Alexis Sinduhije.

«  Mais les novices – des chômeurs, des universitaires, des jeunes qui quittent nos partis – veulent avoir leur part dans le commandement. C’est ce qui expli que la création d’un second mouvement. Ce dernier compte des militaires dans ses rangs mais il est plus politique que le Forebu et les militaires sont censés obéir aux choix politiques établis par les civils. Au Burundi, l’habitude est que les militaires ne respectent pas les civils; ce mouvement veut modifier cela, en mettant le politique au-dessus » , précise M. Sinduhije.

Cros Marie-France, le vendredi 22 janvier 2016 à 16h21, http://m.lalibre.be/actu

Advertisements

Une réflexion sur “Qui sont les membres des mouvements armés rebelles au Burundi ?

  1. Madame la rédactrice, dans ton texte, quand en parlant des mouvements armés tu interroges Mr Alexis Sinduhije, il fallait marquer un extrait « style directe » où il nie lui la responsabilité de créer et entretenir un mouvement armé et non de nous donner un « style indirect ». Comme ça tu aurait lever les doutes et il pourrait se charger ou se décharger de tractations qui lui chargent d’entretenir un mouvement armée.Voila l’information dont les burundais ont besoin sur la personne d’Alexis Sinduhije.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s