Burundi : Amnesty International publie des images de potentiels charniers

Photosatellite datée du 28 janvier 2016 d'un probable charnier à Buringa, au nord de la capitale burundaise, Bujumbura, repéré par Amnesty International.

Photo satellite datée du 28 janvier 2016 d’un probable charnier à Buringa, au nord de la capitale burundaise, Bujumbura, repéré par Amnesty International. Crédits : Reuters/Amnesty International

Alors qu’une importante réunion doit se tenir, vendredi soir 29 janvier, au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba, pour décider de l’envoi d’une force de paix au Burundi, Amnesty International a publié des images satellites montrant ce qui pourrait être, selon l’organisation non gouvernementale (ONG), cinq charniers dans la banlieue de Bujumbura.

Ces images confirmeraient les déclarations de Burundais qui accusent les forces de l’ordre d’avoir tué des dizaines de personnes puis d’avoir creusé des fosses communes dans l’après-midi du 11 décembre 2015. Les documents sur lesquels s’appuie l’ONG montrent que de la terre a été déplacée sur cinq sites du quartier de Buringa à la périphérie de Bujumbura.

Bilan très provisoire

« Ces images suggèrent des efforts délibérés de la part des autorités pour cacher l’étendue des massacres par leurs forces de sécurité et pour empêcher que toute la vérité soit faite », a déclaré Muthoni Wanyeki, directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Est, les Grands-Lacs et la Corne de l’Afrique. Les enquêteurs l’ONG citent notamment le témoignage d’une femme dont le fils, tué d’une balle dans la tête, a été emmené par un camion de la municipalité. « Je ne sais pas où il est ni s’il a été enterré », déclare-t-elle.

Le 11 décembre, des hommes armés ont attaqué une caserne et les militaires ont répliqué par des perquisitions, des arrestations et des exécutions sommaires, a indiqué Zeid Ra’ad Al-Hussein, haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Le bilan provisoire de cette journée sanglante s’établit à 87 morts, mais il est probablement « considérablement plus élevé », selon le représentant des Nations unies.

Les Nations unies examinent des images satellites dans le cadre d’une enquête ouverte à partir de témoignages faisant état d’au moins neuf charniers dans Bujumbura et aux alentours. L’un d’eux se situerait dans une caserne et contiendrait une centaine de corps.

Depuis le mois d’avril 2015, le Burundi est plongé dans la crise suite à la décision de Pierre Nkurunziza de postuler à un troisième mandat présidentiel. Le chef de l’Etat, sourd aux protestations de l’opposition, de la société civile et d’une partie de son propre camp qui tous estiment cette décision contraire à la Constitution, a choisi la voix de la répression face aux manifestations.

« Force d’invasion et d’occupation »

Malgré la mise en échec d’un coup d’Etat en mai 2015, la répression brutale de six semaines de manifestations quasi quotidiennes à Bujumbura et la réélection de M. Nkurunziza lors d’un scrutin controversé à l’été, les violences n’ont cessé de s’intensifier.

Lire aussi : Quatre dossiers chauds pour le sommet de l’Union africaine

L’Union africaine (UA) a réagi en martelant qu’elle « ne permettra pas un autre génocide » sur le continent et, le 17 décembre 2015, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a voté le principe de l’envoi de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi, la Maprobu, composée de 5 000 hommes. Pierre Nkurunziza a immédiatement rejeté cette décision en qualifiant la Maprobu de « force d’invasion et d’occupation » et en se réservant le « droit d’agir en conséquence » en cas de déploiement militaire. Il a réitéré son refus de toute ingérence internationale lors du passage à Bujumbura des ambassadeurs du Conseil de sécurité de l’ONU le 22 janvier.

Vendredi à Addis-Abeba, le CPS doit décider s’il passe outre le refus du président burundais. Selon les observateurs, une telle décision est peu probable.

Le Monde.fr avec AFP Le 29.01.2016 à 10h48, http://www.lemonde.fr/afrique
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3 réflexions sur “Burundi : Amnesty International publie des images de potentiels charniers

  1. Le temps est arrivé quand le Burundi doit utiliser ces images pour demander à l’ONU de poursuivre amnestie Internationale qui a donné cette information concernant ces fosses communes parce que selon ce qui c’est passé dans le passée c’est l’opposition qui fait ces tueries et clame que le gouvernement est entrain de tuer des personnes.
    Parce qu’il sont capables d’utiliser des satélites pour montrer ce qui s’est passé, il faut qu’il nous montre par vote satélitaire dans quels quartiers ces gens vivaient, comment ils étaient tués, comment ils étaient transpotés jusqu’à Buringa, qui les a transporté, qui ont creusé ces fosses et les menages où ils se sont rendus après avoir commis ce crime.

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  2. Amnesty international a vu le jour en 1961. En 1972, du 29 avril jusqu’en juillet plus de 300000 burundais d’ethnie hutu ont été massacrés et jetés dans des fosses communes! Le silence absolu a été la réaction de ladite organisation! En 1988, de 1993 jusqu’en 2003 le peuple burundais( HUTU-TUTSI-TWA) a vécu la tragédie de1972! Est-il normal que maintenant l’amnesty internatinal, sans aucune honte, sorte de son silence et s’autoproclame avocat du peuple burundais en publiant des images floues qui seraient la preuve des massacres du 11 décembre 2015? Abarundi turi « yeux »!!

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  3. est-ce que cette verdure est-elle celle de Buringa?
    kel est l’importance de cette information avant l’arrivé des observateurs internationaux? cela aide les acolytes de bujumbura à fausser les pistes de recherches

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