Échec de la MAPROBU, quelles conséquences ?

Anatole BACANAMWOA Addis Abeba, ce week end du 30-31 janvier, le gouvernement du Burundi est parvenu à convaincre contre l’envoi de la MAPROBA , en démontrant que les violences à Bujumbura ne lui sont pas imputables. Auparavant, les différentes délégations de la communauté internationale avaient pu se faire  une idée de la situation réelle sur place. Et là, l’opposition a mal appréhendé la situation, en croyant les circonstances en sa faveur.

Pendant tout ce temps, l’opposition radicale  était parvenue à se faire des amis ici et là, grâce notamment à une conjoncture plus ou moins favorable et surtout à une bonne stratégie de communication. Ainsi, malgré des divergences internes que ce soit au niveau du CNARED ou des rebellions en gestation, l’optimisme régnait encore.

Mais,  cette fois ci, cette opposition un peu hétéroclite a très maladroitement plaidé sa cause. En effet, comment expliquer aux partenaires et observateurs, que la violence vient de l’autre partie, lorsque pendant leur séjour à Bujumbura, des gens dont tu te réclames font parler leurs armes à feu, au moment où l’armement des milices est unanimement condamné .

Suite à cet échec MAPROBU, et dans l’optique de ne pas se faire oublier, le mauvais réflexe de l’opposition radicale incarnée par le CNARED et ses supports armés, FOREBU, RED TABARA et autres insurgés …. serait d’opter pour l’accentuation des violences dans la capitale. Parce que, dans ces conditions, ce serait une confirmation  que  c’est bien eux qui sont les instigateurs de cette violence.

Dès lors,  des partenaires sérieux ne pourraient plus assumer une telle opposition. Ils seraient même probablement obligés de prendre des mesures contre ses leaders, dans le soucis d’éviter de se compromettre complètement avec le pouvoir de Bujumbura.

Au niveau du pouvoir, afin de bien profiter de cette victoire diplomatique, les autorités burundaises seraient bien inspirées d’être encore plus disposées à la poursuite du dialogue  inclusif, en y impliquant le CNDI. Cette commission qui va bientôt clôturer le tour des provinces du pays ,  pourra confronter les propositions issues de ces rencontres avec celles qui viendront des Burundais de l’extérieur.

Quels résultats attendre de ce dialogue interne et externe ?

– Tenir compte des propositions de la population burundaise, qu’elle soit au pays ou à l’étranger, sans privilégier l’une par rapport à l’autre.

–  Que l’opposition radicale soit convaincue de l’inefficacité de rébellion, surtout que beaucoup de ses partisans dans la capitale y trouvent la mort et que la population n’y est pas disposée. Cette opposition doit comprendre aussi que pour la participation au pouvoir, le chemin le plus court est celle d’attendre les 4 ans qui nous séparent de 2020.  En optant pour la guerre, cela prendrait beaucoup plus longtemps et l’issue serait encore plus incertaine.

– Dès que l’opposition radicale accepte de déposer les armes, le pouvoir ne sera plus obligé d’aller chercher les insurgés armés dans les quartiers urbains. Le pouvoir devra aussi s’assurer qu’il n ‘y ait  pas de civils armés parmi ses partisans.

– Des observateurs internationaux évoqués au sommet à l’UA, pourront servir à aider dans cette tâche de désarmement dans les deux camps.

–  Mettre en application les conclusions du dialogue  inclusif qui s’annonce:

  1. La médiation devra mettre en place une équipe technique pour collaborer et renforcer la commission nationale de désarmement , selon un timing précis.
  2. la médiation et la communauté internationale devront s’assurer que l’accord d’Arusha reste d’application. En effet, même si cet accord conjoncturel a des imperfections, il ne serait pas, pour le moment indiqué de le réviser , tel que cela se chuchote dans les deux camps.
  3.  Le gouvernement pourra , selon les cas,envisager une sorte d’amnistie provisoire pour des opposants, afin que ceux ci puissent rentrer au pays, dans le cadre d’un retour massif des réfugiés. Les leaders de l’opposition  auront ainsi des garanties, afin de réorganiser leurs partis en vue des échéances futures.
  4. Des insurgés aujourd’hui incarcérés pour des délits pourront être libérés, excepté ceux qui sont convaincus de crimes. De même, ceux des forces de l’ordre coupables de graves exactions resteront naturellement poursuivis.
  5. Des pays où résident des opposants burundais prendront soin de les contrôler et de ne pas soutenir ceux qui prônent la violence. Il faudra plutôt  les inciter à adhérer sincèrement au dialogue prévu à ARUSHA .
  6. La  communauté internationale  sera appelée à mettre tout en oeuvre pour accompagner ce dialogue et à adopter une attitude de compréhension,  pour que le Burundi puisse bénéficier des fonds d’urgence, nécessaires au renforcement de la paix et au redressement économique.

Anatole BACANAMWO

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6 réflexions sur “Échec de la MAPROBU, quelles conséquences ?

  1. « Laisser Nkurunziza se taper un 3ème mandat en toute tranquillité et rempiler pour un 4ème mandat puisque selon lui,il suffit de tuer,torturer et terroriser ses opposants pour les les réduire au silence,,n’est- ce pas! »Voilà ce qui est bien dit Kalori. Le laisser continuer serait d’ajouter le drame au drame! Plus il s’y maintient,plus les morts s’accumulent et ferment davantage la voie de sa propre sortie.

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  2. Mbega ko biyibagiza abo bagwana naba polisi bavuye hehe?kubera iki bafashe ibirwanisho ?kumenga ntimushaka kubona ukuri ,la violence appelle la violence ingihe abo bapolisi batanguye kuza barica les manifestants contre le 3e mandat,mwashaka ko bose bazoza bicwa nka abana ni imbeba ,les signes des violences zagiye ziraboneka uko la situation yagiye iraba ,uwo adashaka kubibona nuko ari mu bashigikiye Peter nkurunziza

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  3. Mr KADORI, à ton avis, il faudrait alors continuer à envoyer des gens se jeter contre les policiers et militaires pour empêcher ce mandat? Tu ne penses pas qu’il vaille mieux de limiter les dégâts en prônant plutôt un dialogue sincère!
    Quand à ceux qui tuent, qu’ils soient de l’opposition ou du pouvoir , chacun répondra de ses actes.
    sache aussi que les divisions dans l’armée et le génocide que vous mettez en avant ne sont que des suppositions irréelles.
    Je trouve enfin que l’analyse d’Anatole est réaliste et pertinente, vous refusez de voir la vérité en face.

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    • C »est toi Gedéon et l’auteur de cet article qui ne voyez pas la réalité en face. Parce que pour vous, la cause est entendue, donc il y a plus rien a faire, il faut se plier à la volonté de Nkurunziza ou mourir. Ensuite tu parles de dialogue sincère. J’ai l’impression que tu dormais quand tous les jours on parle de dialogue et que c’est Nkurunziza qui ne veut pas en entendre parler. Où étais-tu quand par deux fois ce pouvoir illégitime a claqué la porte à Museveni que les africains ont mandaté pour ce dialogue. Quand Yayi Boni a été mandaté et que ce pouvoir l’a prié de rester chez lui. Quand l’UA, l’ONU, l’UE sont ridiculisés par Nkurunziza sur leur demande de dialogue. Où étais-tu quand en décembre les cadavres jonchaient le rues de Buja et où on parle de charniers?
      Une autre réalité que sur laquelle tu fermes les yeux, c’est que chaque mort ramassé chaque jour dans les caniveaux ne faitt qu’amplifier les rangs de ceux qui vont finir écraser la dictature. Plus la répression fait mal, plus les oppressés seront forts et les oppresseurs faibles. Mais tu ne peux pas le voir comme Nkurunziza ne pouvait pas voir que le 3ème mandat ne passera jamais. Comme Adolphe ne pouvait pas voir qu’il se battait pour sa propre fin. La réalité que tu ne vois pas surtout, c’est qu’on ne viole pas des accords comme ceux d’Arusha en crachant sur la mémoire d’un homme comme Mandela et s’en sortir à bon compte. Une autre réalité est qu’il n(est pas possible de soumettre ce peuple.
      Nkurunziza aurait eu beaucoup d’avantages à laisser venir la force africaine comme il aurait eu beaucoup d’avantage à se retirer après son second mandat. Mais il se croit malin et il n’est pas intelligent. Il est incapable de faire les bons choix, ni pour le Burundi, ni pour lui.
      Tu l’as dit: dialogue sincère, mais avec qui? Tous les hommes sincères du pays ont tourné le dos à Nkurunziza y compris parmi ceux de son parti, parce qu’il s’est montré insincère jusqu’ avec son serment de respecter la constitution dont il était le premier gardien. Ce n’est pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.
      Il va dégager par la force des choses.
      On l’a vu dès qu’il est arrivé au pouvoir, se prendre en amitié avec ses modèles Yayah Jamey et Obiang Nguema avec l’intention de s’éterniser au pouvoir comme eux. Mais leurs histoires personnelles et celles de leurs pays ne sont ni la même que la sienne, ni celle de son pays. La preuve: il a suffit d’une élection en 93 pour causer 300 000 morts. Ce n’est qu’un exemple. Ne penses-tu (puisque tu parles de sincérité) que Nkurunziza aurait pu nous éviter ce qui est arrivé et ce qui est entrain d’arriver à notre pays? Disons que ce qui est arrivé est arrivé. Maintenant le dialogue sincère que tu prônes, c’est quoi l’entrave? Qui le refuse? Compte tenu du fait qu’on sait qu’un dialogue sur le territoire burundais n’est même pas crédible. Donc retournons vite à Arusha sans trainer avant que la rébellion ne reprenne le dessus et là…….

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  4. Bravo bravo.hamwe vyogenda ukwo tworonka agahengwe abarundi bose bagatahuka mu burundi tukaganira turi kumwe ntihagire umurundi asubira kwicwa azira ubusa.merci monsieur l auteur kuri ibi vyiyumviro

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  5. En un mot, laisser Nkurunziza se taper un 3ème mandat en toute tranquillité et rempiler pour un 4ème puisque selon lui, il suffit de tuer, torturer et terroriser ses opposants pour les réduire au silence, n’est-ce pas? Sur quelle planète vivez-vous camarade Bacanamo? Nkurunziza lui-même ne vois pas, même dans ses rêves les plus fous, ce que vous proposer. Il est en sursis et le sort qui l’attend et vous avec, sera bien pire que celui de ceux dont les cadavres sont jetés dans les rues de Bujumbura chaque jour. Vous vous croyez en position de force, mais vous venez de rater votre chance avec votre refus d’accepter la miprobu. Bientôt c’est entre l’enclume de sa propre armée et le marteau de l’opposition que Nkurunziza et vous-même allez finir. Tous ceux qui ont acceptés d’accompagner Nkurunziza dans cette désastreuse entreprise sont condamnés, à moins de chercher le moyen de rebrousser chemin avant qu’il soit trop tard. Et le meilleur moyen, c’est de fuir dès maintenant. Ceux qui aujourd’hui tuent pour soutenir le mensonge pour le compte de celui qui détruit le Burundi pour rester au pouvoir le paieront très cher.

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