L’Union Africaine se détourne du Burundi

https://i2.wp.com/s2.lemde.fr/image/2016/02/01/768x0/4857200_6_0982_les-dirigeants-africains-presents-lors-du_cd334c05be9292177124b6b06dae9c2b.jpgLe vingt-sixième sommet de l’Union africaine a décidé de ne pas intervenir militairement au Burundi.Choisi par ses pairs, c’est le Tchadien Idriss Déby qui prend la présidence tournante de l’UA.

Après deux jours d’âpres négociations sur le dossier burundais, le 26e sommet de l’Union africaine (UA) s’est clôturé, dimanche 31 janvier, sur un constat d’échec. Elle n’enverra pas de soldats dans ce pays.

Le 17 décembre, pourtant, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA en avait voté le principe. Il envisageait d’envoyer une force de 5 000 hommes, la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), pour enrayer la spirale de violence qui frappe ce pays, depuis le mois d’avril : depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé se représenter pour un 3e mandat, alors que la Constitution n’en prévoit que deux.

Le camp du refus l’emporte sur celui des interventionnistes

Les partisans de la non-intervention ont su se faire entendre au CPS : en premier lieu, le Burundi qui, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Alain-Aime Nyamitwe, a déclaré son refus tout net.

D’autres pays ont pesé en ce sens comme l’Égypte, la Gambie et la Guinée équatoriale. En face d’eux, les partisans de l’intervention, dont le Nigeria et l’Afrique du Sud, n’ont pas su trouver la majorité requise des deux-tiers du CPS pour acter la Maprobu.

Les espoirs mis dans la capacité et la motivation de l’Union africaine à intervenir au Burundi se sont donc, une nouvelle fois, révélés vains. Prenant acte de ce revers, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, devrait se rendre au Burundi dans le courant du mois de février. Dans ses dossiers, la menace d’une intervention militaire sous le pavillon de l’ONU.

Idriss Déby, le nouveau roi de l’UA

Désigné par ses pairs d’Afrique centrale, à qui revenait la présidence tournante de l’UA, Idriss Déby a été nommé président de l’organisation panafricaine, ce samedi 30 janvier. Il a succédé au Zimbabwéen Robert Mugabe, pour un mandat d’un an.

À l’issue du sommet, lors de sa conférence de presse finale, le nouveau président de l’UA s’en est pris à la CPI, l’accusant de ne s’attaquer qu’aux Africains.

La mobilisation contre Boko Haram

Lundi 1er février, les représentants de la communauté internationale ont promis, au siège de l’UA, de dégager 250 millions de dollars (231 MEUR) pour financer la Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) contre Boko Haram.

Cette force de 8 700 militaires, policiers et civils, a été créée par les quatre pays riverains du lac Tchad – Nigeria, Cameroun, Tchad et Niger – et le Bénin. Parmi les donateurs, le Nigeria, l’Union européenne, le Royaume-Uni, la Suisse et la Communauté des États sahélo-sahariens.

Laurent Larcher, le 02/02/2016 à 17h34, http://www.la-croix.com/Monde/Afrique
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