Burundi: le journaliste britannique relâché dénonce l’intimidation des médias

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Le journaliste britannique Phil Moore, le 29 janvier 2016 à Bujumbura, au Burundi. afp.com

Le photojournaliste britannique arrêté fin janvier par la police burundaise a qualifié son expérience d’aperçu « inquiétant » de « l’oppression et l’intimidation » quotidiennes subies par les média dans ce pays en proie à une crise politique émaillée de violences.

Phil Moore et son collègue français Jean-Philippe Rémy, correspondant régional pour l’Afrique du Monde, étaient au Burundi comme envoyés spéciaux pour ce quotidien français. Ils ont été arrêtés le 29 janvier à Bujumbura « au milieu de criminels armés« , selon la police, mais finalement relâchés le lendemain sans charge, après une vague de réactions indignées d’associations, de médias et de diplomates.

« C’est complètement faux« , a démenti vendredi dans un communiqué Phil Moore, qui assure ne pas avoir été avec des hommes armés, ni avoir photographié des armes.

« Que les autorités mentent éhontément sur cette affaire souligne la fiabilité tout relative de leurs déclarations sur des questions beaucoup plus graves« , a estimé le photographe indépendant de 34 ans, rentré depuis en Grande-Bretagne.

« Cet épisode est inquiétant au regard de l’espace médiatique qui s’est réduit comme peau de chagrin au Burundi« , a poursuivi M. Moore, dont le matériel professionnel comme celui de son confrère n’a pas été restitué depuis leur libération.

« Je suis extrêmement soulagé d’être libre, notre détention a été brève et nous n’avons pas été torturés« , a-t-il poursuivi, « malheureusement, ce n’est pas le cas de nombreux Burundais enlevés chaque semaine dans la capitale et dont certains disparaissent tout simplement« .

« Toutes les radios indépendantes, qui étaient la première source d’information d’une majeure partie de la population, ont été fermées et de nombreux journalistes burundais contraints à l’exil« , a rappelé M. Moore.

« Ceux qui vivent et travaillent encore au Burundi subissent régulièrement des intimidations et une oppression pour informer de ce qui se passe dans le pays: nous avons eu droit aux projecteurs lors de ce moment difficile mais il ne faut pas oublier que c’est le quotidien de ces journalistes« , a-t-il insisté.

AFP , le 05/02/2016 à 13:27, http://lexpansion.lexpress.fr/actualites

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