Intervention de l’ONU: Handicaps

LE GÉNOCIDE DE 2015 DES TUTSI DU BURUNDI

INTERVENTION DE L’ONU: HANDICAPS

https://i1.wp.com/www.theeastafrican.co.ke/image/view/-/2734124/medRes/1023183/-/maxw/600/-/12jb04p/-/RwandaWeekImage2805.jpgL’Union Africaine vient de se renier publiquement ce fin janvier 2016 par un manquement pitoyable à son devoir premier de porter assistance au peuple Tutsi du Burundi, membre de l’Union et victime d’une tragédie de génocide perpétrée par les Bahutu au pouvoir dans le pays. L’ONU, qui ne peut échapper à la même responsabilité pour son inaction devant ce drame annoncé de longue date et exécuté sous ses yeux, semble vouloir s’approprier enfin le dossier. Elle envisagerait même de constituer une force d’intervention pour mettre fin à la barbarie. Mais l’ONU amorce son initiative avec beaucoup de handicaps.

Premier handicap : l’arrivée tardive de l’initiative

Après 10 mois de « travail » d’un pouvoir sanguinaire et surarmé et d’un effectif en surnombre d’imbonerakure et d’interahamwe, s’ajoutant à une partie de la police et de l’armée politisée et tribalisée à outrance, il n’est pas sûr que l’arrivée des casques bleues – par ailleurs très hypothétique – servirait encore à quelque chose. On connaît la vitesse avec laquelle les Bahutu exécutent les génocides dans cette région. En deux semaines seulement, les Bahutu du Burundi ont massacré à la machette 300 000 Tutsi en octobre-novembre 1993 ; les Bahutu du Rwanda ont exterminé plus d’un million de Tutsi en moins de trois mois entre avril et juillet 1994 ; en deux heures s’il vous plaît, la coalition Bahutu du FNL (burundais), des FDLR (interahamwe rwandais) et des Mayi Mayi de la RDC a exécuté 240 Tutsi Congolais (Banyamurenge). Nkurunziza et les imbonerakure ne dérogent pas à la règle en 2015, sauf qu’ils ont « modernisé » la méthode, en commençant par l’extermination des jeunes mâles en âge de résister à l’holocauste et en âge de procréer (entre 13 et 40 ans).

Plus de 100 jeunes Tutsi sont ainsi capturés chaque jour dans les quartiers et dans les villages (voir article très documenté de François DUPAQUIER, Dix questions sur le génocide des Tutsi au Burundi) et massacrés après avoir été atrocement torturés, leurs cadavres mutilés et méconnaissables étant abandonnés partout dans les rues, au bord des sentiers ou des rivières, s’ils n’ont pas trouvé de place dans les fosses communes dont les creuseurs-fossoyeurs imbonerakure sont toujours débordés. L’étape suivante de ce plan machiavélique a consisté dans le viol collectif des filles et femmes Tutsikazi à partir de 5 ans et plus, parfois moins, viol suivi des fois de l’exécution de la victime avec une sauvagerie innommable. Chacun a vu sur la toile les images et les vidéos insoutenables !  Aujourd’hui Nkurunziza en est à l’incendie des habitations et des biens mobiliers des Tutsi en vue de leur priver de logis et de toute subsistance matérielle, et de libérer les parcelles promises à la distribution aux imbonerakure qui auront « bien travaillé ». Et ils sont nombreux !

Bientôt en effet, Monsieur Nkurunziza va passer au dernier nettoyage ethnique en exterminant les vieillards et les femmes qui auront survécu à la purge, pour enfin procéder à la distribution du butin de guerre, mobilier et immobilier, dans les villes devenues monoethniques et dans le reste du pays.

Deuxième handicap : le négationnisme onusien

Le second handicap à l’efficacité de l’intervention de l’ONU au Burundi se situe dans le négationnisme entretenu par l’institution sur la réalité du génocide des Tutsi par les Bahutu au pouvoir dans le pays. Le pas accompli par le Secrétaire Général est appréciable lorsqu’il constate que la crise a déjà fait près d’un million de victimes, mais reste insuffisant en ce qu’il ne souligne pas le caractère génocidaire des exactions ni ne parle des auteurs à tout le moins présumés.

En cette matière, les faits sont têtus et la définition du génocide venant des Nations Unies elles-mêmes est trop claire pour permettre encore des tergiversations sur la qualification. Trop d’analystes faisant autorité en ce domaine se sont prononcés dans le sens de cette évidence. Le Hutu Léonce NGENDAKUMANA, Président du FRODEBU et Président de la Coalition des partis d’opposition, le Hutu Charles NDITIJE, Président de l’UPRONA, Maître Isidore RUFYIKIRI, Président du Mouvement Républicain pour la Renaissance de la Nation, reconnaissent sans la moindre nuance que le génocide est en cours et qu’il est dirigé contre les Tutsi du Burundi.

Il en est de même de la respectable Madame Beate KLARSFELD, ambassadrice d’honneur de l’UNESCO et envoyée spéciale pour l’éducation sur l’holocauste et la prévention du génocide, de François DUPAQUIER, écrivain et journaliste, et de bien d’autres encore. Dans ces conditions, l’ONU parviendra-t-elle à cacher encore longtemps la fumée d’une case en feu ? En réalité, en refusant d’appeler les choses par leur nom, l’ONU se retrouve coincée dans son propre piège. Elle sera dans l’impossibilité de définir la mission de la force de paix si le mal à combattre n’est pas lui-même qualifié et si les auteurs du mal ne sont pas formellement indiqués. L’ONU fait face maintenant à un dilemme qu’elle pouvait pourtant éviter : qualifier le génocide et devoir intervenir pour l’arrêter, ou ne pas qualifier et laisser le carnage se poursuivre impunément.

Troisième handicap : l’agenda caché de certains Etats

Le dernier handicap important qui mine la perspective d’une force de paix de l’ONU au Burundi réside dans l’agenda caché des Etats qui se portent candidats à l’intervention. La Belgique, puis le Canada, ont déjà proposé leurs services. Le souci pour certaines des puissances qui se mettent en avant n’est pas de sauver les Tutsi en péril. Bien au contraire et pour des raisons historiques ou géo-ethniques, elles pourraient même encourager l’extermination en cours, derrière la façade d’un discours de paix et d’attachement au droit à la vie. Leur but primordial et contextuel est de sauvegarder le statu quo de l’Accord d’Arusha, au cas où le génocide actuel ne serait pas totalement achevé.

La conception théorique et surtout pratique de l’Accord permet en effet d’assure le maintien exclusif et perpétuel des seuls Bahutu au pouvoir au Burundi. Par le scrutin direct et ethnisé et le despotisme des dirigeants, les Tutsi seront définitivement écartés de l’exercice du pouvoir, privés arbitrairement et violemment des droits élémentaires de citoyen et d’humain, comme cela a été le cas durant les dix ans de règne du CNDD-FDD, et deviendront des citoyens de seconde zone et les parias de la société, pour être en fin des fins emportés dans le dernier tourbillon d’un génocide à répétition que les Bahutu ont décidé d’étaler dans le temps depuis 1965. Les concernés doivent le savoir, tout pays qui débarquerait ses troupes au Burundi en cette campagne de tueries ethniques sans avoir reconnu au préalable ce que tous les observateurs neutres ont décrié depuis des mois, à savoir le génocide des Tutsi du Burundi, ne serait pas là pour ces derniers. Mais nécessairement pour l’autre. On vient pour arrêter le génocide, ou pour l’encourager ! Il n’y a pas place à bégaiement !

Tout ce qui précède dicte aux Tutsi une seule attitude face aux manœuvres en cours, venant de l’ONU, des Etats ou d’ailleurs : refuser tout charlatanisme de quiconque prétendrait porter secours au Burundi sans préciser la nature de sa mission. S’il vient pour les Tutsi en cours d’extermination, il doit au préalable reconnaître publiquement et formellement l’existence d’un génocide contre les Tutsi du Burundi, et que son intervention vise à neutraliser les auteurs de ce génocide, Nkurunziza, les caciques du régimes, les imbonerakure et les autres milices venues du Congo et d’ailleurs. Sans cela, les survivants Tutsi doivent s’en détourner, et au besoin les combattre par des mesures idoines car ils seront là pour Nkurunziza, dans le rôle camouflé de complice du génocide.

Jean Jacques MAKUNGU

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3 réflexions sur “Intervention de l’ONU: Handicaps

  1. Makungu n’est pas vraiment Burundais. Je me demande quel serait son âge pour incendier son soi-disant pays de la sorte. Probablement qu’il est partant sinon les jeunes Burundais voulons la paix et non la division.

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  2. L’extrémisme n’aboutira a rien. Il faut aimer vos prochains comme le commande la parole de Dieu. Même s’il y a des problèmes dans notre pays, ça n’a rien a avoir avec les ethnies. Il y a seulement des problèmes politiques, social et économique. Si on devient un porte-parole des Tutsis ou des Hutus (d’une seule ethnie) alors que tous ces deux camps sont entrain de tues les autres, ça montre que quelqu’un est d’accord avec les tueries. C’est mieux d’être neutre si on veut sauver notre pays.

    Que Dieu sauve le Burundi et extermine la segregation ethnique!

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