Quand les Etats-Unis apportent de l’eau au moulin de Nkurunziza

TENSIONS ENTRE LE RWANDA ET LE BURUNDI :
Quand les Etats-Unis apportent de l’eau au moulin de Nkurunziza

https://burundi24.files.wordpress.com/2015/10/kagame-vs-nkurunziza-b24.jpg?w=376&h=272Le ton est encore monté d’un cran entre le Rwanda et le Burundi en fin de semaine dernière, après la  tonitruante sortie devant la commission des Affaires étrangères au Sénat américain de Tom Perriello et de Linda Thomas Greenfield, respectivement envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands lacs et  secrétaire d’Etat adjointe pour l’Afrique, qui condamnaient très explicitement l’implication de Kigali dans la déstabilisation de son voisin burundais. Les Etats-Unis ont précisément accusé le Rwanda de recruter et de former des Burundais réfugiés sur son sol afin de préparer une rébellion qui ira débarrasser le Burundi et l’Afrique de l’un des despotes les plus cruels. Il n’en fallait pas davantage pour que Pierre Nkurunziza et sa meute de conseillers appellent leurs militants à descendre dans la rue par monts et par vaux, pour fustiger l’attitude belliqueuse du Rwanda et entonner des chants à l’honneur de leur armée et de l’invincible Burundi.

On ne pouvait évidemment que s’attendre à de telles manifestations spontanées de la part des suppôts du régime burundais, d’autant que même les Etats-Unis dont les services de renseignements sont aussi crédibles que l’Evangile, ont confirmé l’existence de ce que beaucoup savaient déjà, c’est-à-dire une rébellion armée et entraînée par le Rwanda pour ajouter du chaos au chaos en cours au Burundi. Certes des notes confidentielles d’un groupe d’experts indépendants pour l’ONU recoupant des témoignages recueillis auprès de réfugiés burundais avaient fait état de cette rébellion en gestation depuis le territoire rwandais, mais jamais le régime burundais ne s’est senti aussi légitime et aussi victime des sournoiseries de la part de son voisin que quand la puissante Amérique a condamné, pour ainsi dire, le fauteur de troubles rwandais.

On peut d’ailleurs se demander si Washington ne s’est pas fourvoyé, ou n’a pas simplement jeté de l’huile sur le feu en donnant sans doute involontairement l’impression au boucher de Bujumbura, qu’il s’agit là d’un soutien tacite à sa dictature. Que les Etats-Unis et la communauté internationale dénoncent et condamnent sans réserve les pays qui servent de tête de pont ou de pont arrière à la déstabilisation d’autres pays, est tout à fait normal et conforme à la Charte des Nations-Unies. Mais lorsqu’il s’agit, comme dans le cas du Burundi, de citoyens contraints à l’exil définitif ou à la mort par un tyran monomaniaque et paranoïaque, la grille de lecture de la charte onusienne ne devrait plus être la même.

Paul Kagamé aurait pu servir de cheval de Troie dans la lutte contre le têtu de Bujumbura

Pour sauver l’Irak d’un puissant dictateur, les Etats-Unis n’ont-ils pas escaladé les murs de l’ONU pour lancer des frappes chirurgicales et sans anesthésie sur Bagdad depuis la Méditerranée orientale ? Une coalition internationale amenée par la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis, n’a-t-elle pas fait voter en catimini une résolution sous le Chapitre 7 de la charte des Nations-Unies qui l’autorisait à faire tomber un tapis de bombes sur la Lybie parce qu’elle soupçonnait Mouammar Kadhafi de vouloir massacrer les populations insurgées de Benghazi ? Comparaison n’est pas raison, il est vrai, mais pourquoi dans le cas burundais, s’offusquer du fait que Kagamé accueille et arme les réfugiés burundais ?

L’ONU ayant fait preuve d’apathie et l’UA de complicité passive vis-à-vis de Pierre Nkurunziza, il ne reste plus que les Burundais qui ont eu la chance d’échapper au marquage à la culotte des sécurocrates de Pierre Nkurunziza pour relever l’immense défi de ramener la paix et la tranquillité dans ce pays qui se rapproche dangereusement et de plus en plus du précipice, s’il n’y est pas déjà. Et comme on sait que plus la guerre dure, plus elle est dévastatrice, les Etats-Unis et la communauté internationale devaient plutôt aider le peuple burundais en danger d’extermination à finir le « job » au plus vite, en fournissant des renseignements et en aidant financièrement les Burundais en rupture de ban avec le régime en place à Bujumbura.

Si par principe ils ne peuvent cautionner, encore moins soutenir ouvertement de telles actions de déstabilisation, ils devraient pouvoir « sous-traiter » avec un pays de la région qui pourrait servir de base arrière aux Burundais, civils et militaires actuellement en déshérence. Le problème est que le cancer burundais a déjà gangrené politiquement tous les chefs d’Etat des Grands lacs y compris le « warrior » Paul Kagamé, et quasiment tous ont suivi les pas de Nkurunziza et ont « lessivé » leurs Constitutions pour les adapter à leurs ambitions personnelles. Beaucoup d’entre eux admirent et soutiennent en sourdine le chef de l’Etat burundais dans sa résistance face aux pressions internationales et  de Washington, et se trahiraient eux-mêmes s’ils venaient à conspuer ou à combattre celui par qui le glas de l’alternance a été sonné dans beaucoup de pays africains en 2016.

Quant à Paul Kagamé qui fait l’objet aujourd’hui de critiques pour son soutien réel ou supposé aux rebelles burundais, il aurait pu servir de cheval de Troie dans cette lutte contre le têtu de Bujumbura s’il n’avait pas lui-même fait adopter une Constitution qui lui ouvre les portes de la présidence jusqu’en 2034 (même Nkurunziza n’envisage peut-être pas aller aussi loin dans ses ambitions personnelles) et s’il n’était pas Tutsi. A présent, il faut craindre que l’implication réelle ou supposée de Kagamé dans la situation burundaise ne soit utilisée par le président Hutu du Burundi comme prétexte à l’ethnicisation du conflit, avec son lot de conséquences encore plus dévastatrices que la répression des opposants orchestrée par les alguazils de Nkurunziza. Maintenant qu’il est fiché comme despote et agresseur, Paul Kagamé qui menace de renvoyer les milliers de réfugiés burundais vers d’autres pays d’accueil arrivera, peut-être, par ce chantage qui ne dit pas son nom, à faire taire  les critiques qui ne font qu’apporter de l’eau au moulin de Nkurunziza et reléguer au second plan ce qui aurait dû être le seul sujet de préoccupation de la communauté internationale, c’est-à-dire la paix, la sécurité et l’alternance au Burundi.

Amadou GADIAGA, http://lepays.bf/

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7 réflexions sur “Quand les Etats-Unis apportent de l’eau au moulin de Nkurunziza

  1. c’est different! Pour Paul Kagame, changer la constitution n’a jamais été un probleme raison pour laquelle, il a lui meme repondu favorable au changement de la constitution rwandaise. La grande question est ce que le President fait pour le pays et la population et c’est d’ailleur pour cette raison qu’il n’a jamais maché les mots pour condanner Peter Nkurunziza pour s’avoir imposé aux Burundais qui ne veulent pas de lui comme president. Kagame fait de son mieux pour denoncer la situation qui prevaut au Bdi mais il ya pas de relai de part de ses homologues de L’EAC!!!!!!!

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  2. Chers compatriotes, aidez-vous le ciel vous a
    idera. Qui vous a dit quela communauté fera quelque chose pour vous? Rien svp! Et c, est normal. car si on vous demandait où est la capitale de cette communauté internationale que direz-vous? Newyork peut-être avec l, onu! C, EST UN CHEVAL BLANC. Car pour arriver un consensus sur une crise c,est très rare. Donc la balle est dans notre camp.

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  3. Excellente analyse monsieur G. je me pose des questions et je doute fort de la conclusion prématurée de ses experts. Est-ce que ces 18 soit disant refugiers interviewés au téléphone ou sur terrain? Ont- ils vérifié leur crédibilité? Ont-ils vérifié si sont capables d’assumer leur responsabilité au cas où des mensonges, devant d’ autres refugiers au Rwanda? Et si ce rapport incendiaire devrait faire par le HCR sur place?ça serait plus crédible pour ces derniers qui accueillient et enregistrent l’ arrivé chronologique et identifiable de chaque réfugier.En plus, ils sont capables de contrôler tout mouvement soupçonne,car l’ entraînent ne se fait pas une fois.merci

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  4. Les États unis ainsi que tous les présidents africains ayant rejeté l’envoie de la MAPROBU prennent devraient sans doute activement participer au transfert ou à la relocation des réfugiés Burundais que le Rwanda héberge et protège maintenant! Qu’ils arrêtent de PAPOTER et commencent à AGIR! Abo bose BARAYOGORA GUSA! Nkuko twabibonye, ntaco bishoboreye! Par ailleurs, C’EST DU DÉJÀ VU! Les Rwandais en 1994 et les Syriens pendant plusieurs années gushika n’ubu ntaco bigeze bafashwa! Nakare abakurambere barayamaze bati « UBUSYA UWUNDI NTI BUGUMA !  » Par ailleurs, le Rwanda est le seul pays de la région (East African Community) où les réfugiés burundais se sentent encore en sécurité! Ils l’ont eux mêmes confirmé sur une des radios indépendantes (Humura Burundi ou Inzamba) émettant de l’extérieur du Burundi. Nayo Kagame, BAZOMWANKE ARIKO BAMUTINYE! Ceci est un fait! Le gouvernement FANTÔCHE de Buja le sait très bien! Mu Rwanda niho Nkuru afise ikibazo co kurungika IMBUNUZAKURE ziwe gukurikira abo ashaka kugandagura! Hariho izo yigeze kurungikayo mu minsi iheze yamara ZIMEMETEKWA NYARA! L’APR ne badine pas! Iki ni ikintu UBUYOVYA (kuko si ubuyobozi) bw’i Burundi bukwiye kwibuka kuko kubimenya kwokwo Nkuru et acolytes barabizi!

    S’agissant de la soit disant rebellion opérant à partir du Rwanda, n’aho vyoba arivyo, il est secret de polichinelle que le FDD avait toute sa base militaire en Tanzanie et jouissait d’un grand soutien sur tous les plans durant tout le temps qu’il combattait le régime Burundais de ce temps-là! Ugira biteguriye mu Burundi? Certainement pas! None rero, ntihagire umu DD n’umwe yiyobagiza ako kahise! Je vous rappelle aussi que UMUNTU ARI NK’UWUNDI!

    Pour finir mon commentaire, j’aimerai aussi signaler ce qui suit: J’AI VU LES DEUX FRÈRES NYAMITWE FLÉCHIR ET ALLER NÉGOCIER! Par contre, je n’ai pas vu Nkurunziza, je ne saurai pas dire où il était à ce moment-là! Je n’ai pas vu aucun autre troubadour du gouvernement fantôche de Bujumbura non plus! Peut-être que Nkuru ne voulait pas entendre parler de négociation comme cela est bien encré dans son ADN! Une chose est certaine! J’ai vu les Nyamitwe, tous les deux fléchir sous pression! Barundi mwese! Ubwo BUTEGETSI BW’IGIKENYE bwigira AGASOZI K’AMARERE, bitebe bitebuke, BUGIRA BUSHE ABAGABO BABONA! Que le Burundi Uni, Fort et Souverain que voulait Rwangasore renaisse et porte encore le flambeau de la prospérité! Buri mu kuva mu minwe y’abo BARIKO BARABUPFUNYA kuko NTIBUZOPFA! BARIKO BARABUHABABUTSA ariko NTIBUZOHABABUKA! Vive le Burundi de demain!

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  5. Bravo à l’ auteur de cet article qui en dit tellement long. Vos questions méritent réfléctions cher Amadou Gadiaga: Vous le dites ci-bien que:
    « Pour sauver l’Irak d’un puissant dictateur, les Etats-Unis n’ont-ils pas escaladé les murs de l’ONU pour lancer des frappes chirurgicales et sans anesthésie sur Bagdad depuis la Méditerranée orientale ? Une coalition internationale amenée par la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis, n’a-t-elle pas fait voter en catimini une résolution sous le Chapitre 7 de la charte des Nations-Unies qui l’autorisait à faire tomber un tapis de bombes sur la Lybie parce qu’elle soupçonnait Mouammar Kadhafi de vouloir massacrer les populations insurgées de Benghazi ? »

    Oui, pourquoi les USA s’ acharnent tellement contre Kagame qui abrite les réfugiés burundais? Peut-on en déduire qu’ ils soutiennent le génocide des Tutsi burundais en cours? Quoi de plus normal si Kagame épaulait ces pauvres réfugiés burundais abandonnés à leur propre sort? USA veulent qu ‘ils attendent 30 ans pour retourner à leurs bercails?

    Kagame est humain et connait la douleur d’ un réfugié. Kagame ne fait que sécourir les personnes en danger d’ extermination au moment où l’ Union Africaine s’en moque. Mais visiblement les USA veulent plutôt soutenir le sanguinaire Nkurunziza qui les poursuit même dans les camps des réfugiés partout où ils se trouvent! C’ est vraiment étrange cette attitude des USA qui jouent les Gendarmes du monde!!!

    Les USA savent pertinement que Nkurunziza ne tient pas à lacher le pouvoir de son propre gré avant d’ en finir avec les tutsi de la région dont Kagame en particulier;

    Les USA savent pertinement que FDLR Interahamwe travaille la main dans la main avec Nkurunziza et sa milice Imbonerakure pour exterminer les tutsi de la région dont Kagame en particulier;

    Les USA savent pertinement que ce pacte entre les Interahamwe et CNDD ne date pas d’ hier;

    Les USA savent pertinement que FDLR Interahamwe échoués en RDC cherchent d’ autres moyens pour réattaquer le Rwanda;

    Les USA savent trop bien que Kagame ne va pas leur tendre la perche pour réattaquer son pays à partir du Burundi.

    Nul n’ignore ce que cherchaient les USA pour sauver l’Irak et la Lybie. Le pétrole. Mais qu’ est-ce que les USA ont à y gagner en maintenant au pouvoir ce sanguinaire Nkurunziza? On n a pas de pétrole…Tiens: AMOCO l’ a découvert les années 80, veut-elle revenir l’exploiter? Probably…Le nickel? Probably… Pour ses beaux yeux? Mon oeil!

    En attendant des réponses à toutes ces questions; battons-nous contre ces démons mes chers compatriotes burundais; avec où sans Kagame nous devons nous battre pour nous libérer de ces monstres de la région.

    Ne comptons surtout pas sur la soi-disante communautée internationale. Ele sera active quand tout sera terminé pour compter les cadavres comme à l’ accoutumée.

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    • Bonjour peuple burundais. Peuple burundais, reveillez vous at ne pas jeter le tor ni a l’ONU,ni a l’UA,ni aux eurropeens ou anericains. Le mal reside en nous meme burundais surtout a cruz la qui se font rebelle. Si ce n’etait que cela, le quartier MUSAGA n’aurai las su croiser las bras devant CES chiens de mujeri enrage. Il pensait que CES soit disant rebelles auraient su agir pour Sauber la population en detresse. Alors, ahí bigeze ubu, nibereke mujeri itumare kuko ntizoduheza Teese,Ariko tumucunge ntibahirahire ngo niyumvira gukora muri constitution. Ahí tuhagabire, maza ejo tumukubite hasi duheze tumucire urubanza rukwiranye nabantu yamariye kubuhonba. Canje ivyo birobeli nueve bikore akazi vyiyeneje maza izo cris zukwagiriza ibintu bihugu buhagarare. Tutiyumviriye kuryanira ubutegetsi,uni fans le meme optique de chasser mujeri, on y arriverra Sans doute.

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  6. Aux yeux du peuple massacré et oppressé, les propos des Etats-unis qui ne font presque rien contre la violence subie par les victimes de Nkurunziza est un encouragement à l’endroit du pouvoir sanguinaire et illégitime de Bujumbura. Les Etats-unis n’ont de cesse à condamner les victimes en même temps que les bourreaux dans l’affaire burundaise. Ils doivent mettre fin à cette attitude équilibriste entre un pouvoir qui a violé la constitution et des accords signés sur les cadavres de centaines de milliers de morts et une opposition qui refuse l’esclavage et la soumission par la force. Car le cas du Burundi, n’est rien d’autre que cela.
    Au lieu d’accuser le Rwanda pour son aide à la libération d’un peuple oppressé et martyrisé, les états-unis, s’ils entendent défendre la liberté, la démocratie, le respect de la vie, devraient tout faire, mettre fin à la tyrannie au Burundi et s’il le faut, entraîner et armer l’opposition burundaise. Au lieu de cela, le gendarme du monde, qui veille sur ses seuls intérêts plus qu’autre chose, se permet de mettre l’huile sur le feu, peut-être pour accélérer le drame tant attendu dans la région. Car il savent bien l’implication et les conséquences de chaque mot contenu dans leurs déclarations.
    L’opposition burundaise toute entière doit se soulever contre la non-assistance du pays de l’Oncle Tom dans le danger qu’il court et se soulever contre ses déclaration de nature à encourager le pouvoir criminel de Bujumbura dans son oeuvre de destruction.
    Il est inacceptable et révoltant que les Etats-Unis puisse donner le moindre signe de ce qui peut être favorable à la pérennité du régime d’oppression de Bujumbura.
    Car il est devenu une certitude que penser tirer la moindre concession de Nkurunziza autrement que par la force est une illusion.

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