EU-Burundi: Il en faut plus pour inquiéter le dictateur

ANNONCE DE LA SUSPENSION DE L’AIDE DIRECTE AU BURUNDI PAR L’UE:
Il en faut plus pour inquiéter le dictateur

https://i2.wp.com/ichef.bbci.co.uk/news/624/media/images/83143000/jpg/_83143339_football3reuters.jpgFace à l’intransigeance de Pierre Nkurunziza et la dégradation continuelle de la situation sociopolitique qui voit chaque jour le Burundi se rapprocher de la guerre civile, l’Union européenne (UE)  envisage de passer de la parole à l’acte en rendant effective la suspension de son aide directe à ce pays. Cela, après avoir constaté l’échec des consultations entre elle et les autorités de Bujumbura, restées jusque-là sourdes et inflexibles aux appels à l’ouverture de négociations avec les opposants qui contestent le troisième mandat de Pierre Nkurunziza. En décidant de frapper Nkurunziza au porte-monnaie, l’UE entend donner plus d’envergure à son action en maintenant la pression sur le pasteur-président.

Pour un pays dont le budget dépend à 50% de l’aide internationale et qui est en queue de peloton des pays les plus pauvres de la planète, nul doute qu’une telle décision, si elle était pleinement appliquée,  aurait des répercussions catastrophiques. De quoi donner suffisamment de frayeurs à tout président consciencieux et amoureux de son peuple, pour faire contre mauvaise fortune bon cœur en faisant des concessions. Surtout que dans le cas du Burundi, son économie est déjà fragilisée par dix mois d’instabilité, depuis la décision de Pierre Nkurunziza de marcher sur la Constitution de son pays et les accords d’Arusha pour briguer un troisième mandat.

Cette fois-ci sera-t-elle alors la bonne pour ramener le satrape à de meilleurs sentiments ? Il est permis d’en douter. D’autant plus qu’avant cela, l’on a vu l’Union africaine (UA) menacer d’envoyer bon gré mal gré une force d’interposition de 5000 hommes au Burundi, avant de se dégonfler comme un ballon de baudruche et tenter de sauver la face par de prétendues négociations qui se font toujours attendre avec Bujumbura. L’UE sera-t-elle plus royaliste que le roi ? Rien n’est moins sûr. En outre, il apparaît aujourd’hui évident que Nkurunziza est allé trop loin pour reculer. Il ne faut donc pas s’attendre à un quelconque mea culpa de sa part.

L’énigme burundaise ne semble pas encore avoir livré tous ses secrets

Car, l’homme semble s’être retranché  dans une logique de pis-aller et de répression aveugle pour faire avaler la pilule à son peuple et à une communauté internationale qui semble se contenter de crier au loup, sans jamais prendre les mesures idoines pour le déloger de la bergerie.

Toutes choses qui ont pour effet de renforcer le pasteur-président dans sa conviction que jamais la communauté internationale n’ira au-delà des simples menaces, et que tout ce ramdam ne vise ni plus ni moins qu’à lui faire peur afin qu’il révise sa position. Dans une telle optique, il semble évident qu’il faudra bien plus que l’annonce de cette suspension d’aide européenne pour inquiéter le dictateur Nkurunziza. En tout cas, on le voit mal, à cause d’une telle annonce,  faire machine-arrière, d’autant plus qu’il pourrait se dire que d’ici à l’application effective de la mesure sur le terrain, la décision finale pourrait être difficile à prendre pour l’UE, au regard des lourdes conséquences qu’elle pourrait avoir sur les populations qui risquent d’en faire les frais. Sans oublier que Nkurunziza pourrait mettre une autre corde à son arc, en se tournant vers d’autres puissances qui sont moins regardantes sur les questions des droits de l’Homme, pour combler le vide éventuel  qu’entraînerait la suspension de l’aide de l’UE.

Toutefois, Nkurunziza aurait aussi tort de minimiser la portée de telles sanctions car, ce n’est pas du jour au lendemain que l’on peut combler un gap de 430 millions d’euros, dans un monde où toutes les économies sont en proie à la crise économique. Et si, dans une synergie d’actions, d’autres bailleurs de fonds devaient emboîter le pas à l’UE, le boucher de Bujumbura  aurait certainement plus de soucis à se faire. Mais, après la sortie de l’Oncle Sam, la semaine dernière, qui a semblé apporter un ballon d’oxygène à Bujumbura en accusant sans ambages Kigali de vouloir déstabiliser le Burundi, l’on se demande si les Européens, qui s’entendent avec les Américains comme larrons en foire, iront jusqu’au bout de leurs sanctions contre Nkurunziza.

C’est peut-être là, l’un des nœuds et pas des moindres  de l’énigme burundaise qui ne semble pas encore avoir livré tous ses secrets, quand on sait toute la difficulté qu’ont les maîtres du monde à transcender leurs intérêts au nom desquels ils sont souvent prêts à toutes sortes de tartufferies diplomatiques.

Outélé KEITA, http://lepays.bf/

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5 réflexions sur “EU-Burundi: Il en faut plus pour inquiéter le dictateur

  1. oya reka, bafata ibihano canke bareka , twarikukiye !
    amafranga bahora baduha , nibagumye ! turikwije , ahubwo bazogaruka kutwisembereza tutakibashaka ! twariteguye franga ziko ! mutama yariteguye naho hohera 100 ans , ntabukene mu gihugu ! twariteguye bikwiye !! ntamfashanyo tugikeneye !

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  2. Encore une fois cette analyse pertinente de ce journal qui n’a ni peur des mots, ni de les dire au compte de la vérité. Il n’est pas sûr qu’en Afrique, il y ait beaucoup de médiats qui s’intéressent et connaissent aussi bien la situation au Burundi. En tout cas, « Le pays » aura alerté et averti les africains et le monde sur ce qui sans l’ombre d’un doute, va arriver de gravissime dans ce pays, quand on regarde la négligence et la nonchalance avec laquelle ce problème est traité par ceux qui pourraient le résoudre . Les USA, l’UE, l’UA et l’EAC, comme des vautours qui rodent dans le ciel dans la perspective d’un cadavre prochain, attendent le génocide ou les massacres à grande échelle tant attendus, pour venir compter des morts et feindre de s’émouvoir, mais au fond d’eux, contents que ce n’est pas chez eux qu’une telle chose puisse arriver. Alors on feindra de faire quelque chose en consolant les survivants et en traînant les criminels devant les tribunaux.
    Pour les moment, quelques centaines de morts et quelques milliers de blessés et de prisonniers torturés ne suffisent pas pour agir. Alors en attendant le grand carnage, on le prédit, on l’annonce, comme si on l’appelait de tous les vœux. Comme quoi, au nord comme au sud, les humains on encore du chemin avant de devenir « humains ».

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  3. L’Afrique commence à se reveiller! Aux plans impérialistes occidentaux, que les dirigeants africains aient toujours le courage, la détermination de dire NON! Et vous corrompus africains qui facilitez la politique mafieuse européenne envers l’Afrique, ressaisissez-vous, cessez de vendre votre Mère!!

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