L’Union Africaine joue sa crédibilité dans la crise burundaise

https://i1.wp.com/cdn1.portalangop.co.ao/angola/pt_pt/files/highlight/2015/0/5/0,b7d1b9bf-13f2-46da-aedf-d1a0fa989a9d--r--NjQweDM0Mw==.jpgC’est une grande valse diplomatique qui s’ouvre la semaine prochaine à Bujumbura (Burundi). Les 22 et 23 février 2016, le Secrétaire Général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, effectue une visite de travail au Burundi. Les 24 et 25 février 2016, c’est le tour de cinq chefs d’Etats africains, mandatés par le dernier sommet de l’Union Africaine. Dans leurs déplacements, ces deux délégations n’ont qu’une seule mission : convaincre le despote Pierre Nkurunziza d’accepter un dialogue inclusif et permettre le déploiement de la Maprobu, la Mission Africaine de Prévention et de Protection au Burundi, une force de 5 000 Hommes. Au vu de la détermination de ce dernier à continuer sa route jusqu’en 2020, il y a lieu de prévoir l’échec de ces délégations.

Pierre Nkurunziza, un mercenaire d’une nébuleuse internationale ?

En effet, l’autisme politique du despote Pierre Nkurunziza se serait déjà transformé en véritable cancer irréversible, en stade terminal. Qu’à cela ne tienne, les Nations-Unies, l’Union Européenne et l’Union Africaine ne vont pas désarmer pour autant. Selon plusieurs sources concordantes proches de ces organisations, un plan B serait déjà disponible, en vue de ramener le despote Pierre Nkurunziza à l’ordre, de gré ou de force. Même le président en exercice de l’UA l’a déjà dit, officiellement, lors de la clôture du dernier sommet de cette organisation panafricaine, tenu le mois passé à Addis-Abeba (Ethiopie). Pour Idriss Deby Itno (Tchad), « l’Union Africaine donne une chance au Président Nkurunziza pour résoudre la crise dans son pays. En l’absence d’une solution à cette crise, l’UA interviendra militairement au Burundi. »

Depuis lors, la situation burundaise s’est empirée à une vitesse exponentielle sous la houlette du despote Pierre Nkurunziza ! Tout le monde est aujourd’hui convaincu qu’en l’absence d’une solution durable dans les plus brefs délais, l’étincelle burundaise est en mesure d’allumer la mèche, susceptible de brûler certains pays voisins, particulièrement le Rwanda et la Tanzanie. C’est dans cette optique que le despote Pierre Nkurunziza s’active pleinement à jouer la carte de la provocation contre le Rwanda voisin. Dans cette configuration, il fait du Burundi, la collusion de toutes les forces négatives de la région des Grands-Lacs, pariant sur le plus effroyable des crimes, le génocide contre les minorités politico-ethniques de ces pays ! Et sur l’aboutissement d’une situation d’absence d’Etat et de déchirements fratricides incessants, au Burundi comme au Rwanda.

En réalité, il ne faut pas se faire d’illusions. Cette « diplomatie de façade » de l’Union Africaine ne va pas changer d’un iota, la position gouvernementale burundaise. Le despote Pierre Nkurunziza a déjà engagé sa vitesse de croisière dans l’anéantissement de toute initiative contestatrice de son 3e mandat illégal, illégitime et terroriste. Qu’elle soit nationale ou internationale. Comme pour ajouter le drame au drame, il se lance simultanément dans une autre aventure suicidaire, en cherchant à déstabiliser le Rwanda par une campagne acharnée, menée tambour battant, par une frange minoritaire de son parti, le Cndd-Fdd. Cette dernière est acquise à ce mandat de trop, uniquement sur base des calculs spéculatifs, foncièrement matérialistes quoi que dégradants. C’est dans cette logique que le Président Paul Kagame (Rwanda) devient aujourd’hui l’alpha et l’oméga de la crise burundaise ! Un bouc-émissaire cousu en fil blanc et taillé de toutes pièces !

Reste à savoir si dans cette stupidité, le despote Pierre Nkurunziza est seul ou est-il devenu un simple mercenaire d’une nébuleuse internationale en action, chargée de récupérer le pouvoir à Kigali (Rwanda), en passant par ce bourbier burundo-burundais ? Quoi qu’il en soit, l’UA est secouée par des dissensions internes graves. Elle n’arrive pas à émettre sur une même longueur d’ondes, sur les différentes crises déchirants notre continent. Aussi, elle n’a pas encore les moyens de ses ambitions. Pour 2016, les projets opérationnels et de fonctionnement de l’UA sont financés à 7,5% seulement par les pays membres ! Et à 92,5% par les autres partenaires, dont l’Union Européenne à 80%, la Chine, …

Aucun sursis à un régime despotique

En dépit de cette dépendance financière de l’UA, le président en exercice de cette organisation, le tchadien Idriss Deby Itno reste le chef d’Etat le plus engagé dans les problématiques de paix et de sécurité, les deux préoccupations majeures au sein de l’UA. En effet, les troupes tchadiennes, intervenues en Centrafrique et aux côtés de la France au Mali, sont en première ligne contre Boko Haram. De plus, le Tchad accueille le poste de commandement de l’opération Barkhane. Capacité de déploiement, compétence opérationnelle, volonté politique sont des atouts que peu d’Etats africains possèdent. Sous ce registre, le Tchad rivalise avec le Rwanda, l’Ethiopie et l’Afrique du Sud. Cette quadrature a une forte responsabilité morale d’imposer la paix dans certaines régions d’Afrique, y compris le Burundi sous les bottes du despote Pierre Nkurunziza.

Le Président Idriss Deby Itno l’a d’ailleurs annoncé au cours du dernier sommet de l’UA : « Que l’Afrique assure elle-même sa sécurité face au terrorisme ». Quelques instants après son élection à la tête de l’UA, il dira également que : « Nous nous réunissons souvent. Nous parlons trop. Nous écrivons beaucoup. Mais nous n’agissons pas assez et parfois pas du tout ». Avec cette prochaine délégation de Haut Niveau de l’UA au Burundi, ça sera l’occasion de vérifier si réellement sous le Président Idriss Deby Itno, l’UA reste le même syndicat de dirigeants africains, parlotant et parlotant à longueur des sommets, sans rien changer de palpable sur terrain ! Ou si réellement un vent nouveau souffle sur l’UA et qu’aucun sursis ne sera désormais accordé à un régime despotique comme celui de l’atypique Pierre Nkurunziza. Un très mauvais dirigeant qui n’a pas encore compris que les grands leaders ne s’accrochent jamais au pouvoir, une fois leurs mandats terminés.

Le Burundi, un abcès de fixation et un espace de non-droit

Bien évidemment, la crise burundaise dépasse largement le seuil du tolérable. Si l’UA ne s’engage pas officiellement pour déployer sans délais la Maprobu, un véritable cataclysme sans précédent va s’abattre sur toute la région des Grands-Lacs africains. Elle reviendra compter les morts, verser les larmes de crocodile et enterrer cyniquement le reste de nos ossements. A l’image des Nations-Unies au Rwanda, en 1994. Avec ce 3e mandat, le Burundi devient progressivement un abcès de fixation et un espace de non-droit, générateur d’instabilité et d’insécurité à grande échelle, compte tenu de sa position géostratégique, à cheval entre l’Afrique Centrale et l’Afrique de l’Est.

Ces deux prochaines délégations au Burundi auront donc une obligation de résultat pour convaincre le despote Pierre Nkurunziza de se plier aux recommandations de ses pairs africains et des Nations-Unies. En cas d’échec, aucune excuse ne pourra être accordée à Ban Ki-Moon (Onu), ni à Macky Sall (Afrique de l’Ouest) et aux autres dirigeants africains qui viendront sous la bannière de l’UA. L’Onu et l’UA auront ainsi contribué à fabriquer des kamikazes au Burundi, l’ultime issue pour se débarrasser définitivement et sans sommation de toutes les pierres angulaires de ce 3e mandat illégal, illégitime et terroriste du despote Pierre Nkurunziza. Car, comme disait Bob Marley, « lorsqu’une porte est fermée, beaucoup d’autres sont ouvertes. » Une dernière lueur d’espoir pour toutes les victimes potentielles du despote Pierre Nkurunziza et ses acolytes.

« La Patrie ou la Mort nous vaincrons. Malheurs à ceux qui baillonnent le peuple ! »

Thierry Ndayishimiye

Publicités

2 réflexions sur “L’Union Africaine joue sa crédibilité dans la crise burundaise

  1. The problem is ..decisions are not going to be made ..based on what you people write or think…but based on the fact …between me and you fellows…. we know …what ….the fact is …so wait and see what the fact is going …bring to us…

    J'aime

  2. Merci beaucoup mon frère. Tu mérites tous nos respects. Ta plume nous réconforte et nous aide à y voir clair. Malheureusement, tu écrits dans un style de plus en plus incompréhensible pour la plupart de nos décideurs. N’est-il pas possible de rédiger dans un « francais facile? » A part ce petit remarque amical, je crois que si l’UA et l’ONU avaient travaillé d’arrache-pied dès le début de cette crise du 3e mandat, il y a très longtemps que notre despote serait déjà parti. Aujourd’hui, il n’y a plus aucune autre alternative que de se transformer en kamikaze. Dieu est Grand et il va sauver notre pays très bientot. Et nous sommes bien partis pour tourner cette page sombre du 3e mandat!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s