L’enfer des geôles du SNR: témoignage d’une jeune victime de viols

https://i0.wp.com/www.rpa.bi/media/k2/items/cache/f5fbff22b9d3c08e45a7777ffc5a99de_XL.jpgDe graves crimes sont commis à l’endroit des personnes arrêtées et emprisonnées par les forces de l’ordre depuis le début de la crise. A part qu’elles sont régulièrement torturées dans les différents cachots, les femmes et filles sont victimes de viols soit par les policiers ou d’autres personnes sous la complicité des mêmes policiers, des individus qui ont mystérieusement accès facile lieux de détention.

La RPA a recueilli le témoignage d’une jeune femme arrêtée dans la zone Nyakabiga, le matin du 12 décembre 2015 au lendemain de l’attaque de 4 camps militaires. Ces attaques avaient été suivies par des massacres commis par des membres des forces de sécurité de l’Etat principalement dans les quartiers dits contestataires du 3ème mandat : Musaga, Nyakabiga, Jabe, Cibitoke et Mutakura.Selon son témoignage, cette jeune femme a été arrêtée avec de nombreuses autres personnes vers 7 heures. Les yeux bandés, elle s’est retrouvée dans un cachot du Service National des Renseignements (SNR) tout près de la Cathédrale Régina Mundi en zone Rohero. C’est à partir de ce moment que son calvaire a commencé : « On m’a mis dans une cellule où j’étais seule. Ils ont commencé à me tabasser en me demandant où se trouvent les armes et les rebelles. Je leur ai répondu que je n’en savais rien. Après un temps, 2 hommes sont entrés et ont commencé à me violer à tour de rôle pendant toute la journée ».
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Après cette journée douloureuse pour elle, la victime sera acheminée dans la soirée vers 19 heures aux cachots de la Police judiciaire situés à Bwiza. Elle témoigne avoir entendu de nombreux cris de douleurs : « j’ai entendu beaucoup de cris de gens qui étaient entrain d’être torturés, malheureusement je n’ai vu personne ». Le lendemain, dimanche 13 décembre 2015, des policiers ainsi que des personnes qu’elle n’a pu identifier l’ont à nouveau violé à tour de rôle, ajoute la victime. « Le lundi matin, un autre policier est venu sans douter pour me violer lui aussi mais il a eu pitié de moi et est reparti. Après son départ, un autre groupe de policiers s’est dirigé vers mon lieu de détention et m’a fortement violée pendant toute la journée ».
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Pendant, qu’elle subissait toutes ces violences et atrocités, ses bourreaux demandaient à la victime de révéler où sont cachés les armes et les rebelles. Des gens qui ne parlent pas la langue nationale « le Kirundi » et qu’elle qualifie d’extrêmement violents faisaient partie de ses bourreaux : « Ils m’ont demandé de dire où se trouve les armes et les rebelles, que si je reste bouche bée, je ne serais pas libérée. Par la suite, ils m’ont accusé de nourrir ces rebelles, j’ai tout nié. Ces gens portaient des lunettes de soleil et parlaient français et kiswahili, pas le kiswahili qu’on parle ici au Burundi, non ce ne sont pas des burundais! Ils ressemblent à des terroristes, ils avaient des couteaux sur eux et ils me menaçaient de me poignarder si je criais. Ce sont eux-mêmes qui me violaient » conclut cette victime de viol qui s’ajoute à d’autres victimes de ce weekend de décembre 2015.
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A la veille de son arrestation, le 11 décembre 2015 avait eu lieu un carnage où des centaines de gens ont été tués suite à l’attaque de 4 camps militaires. Beaucoup de personnes vivant dans les quartiers dits contestataires ont fait objet d’arrestation par les forces de l’ordre, de nombreux autres sont toujours portées disparues depuis leur arrestation. Plusieurs témoins ont révélé l’existence de fosses communes où des victimes des massacres ont été enterrées par les autorités pour tenter d’effacer toute trace de ces massacres.
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lundi, 29 février 2016 08:08, http://www.rpa.bi
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